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Devises & Cryptos

GENIUS Act : la guerre des stablecoins est lancée

By 17 septembre 2025No Comments

Quand la loi GENIUS Act a donné le feu vert aux stablecoins sur les blockchains publiques, l’Europe, la Chine, le Japon, la Corée, les Emirats – et même le Wyoming – ont dû suivre le mouvement. C’est un signal haussier pour les cryptos… mais un avertissement pour le dollar. Et personne n’est prêt à ce qui va se passer ensuite…

Avant l’année 2020, l’univers des cryptomonnaies était divisé en deux camps.

Les blockchains publiques, comme celles du Bitcoin et de l’Ethereum, étaient ouvertes à tout le monde, désordonnées, imprévisibles et bourdonnantes d’activité.

Les blockchains privées – comme Hyperledger et Corda – étaient des systèmes fermés destinés aux banques, contrôlés, policés et soi-disant sûrs.

Les arguments étaient simples : « Vous pouvez avoir la blockchain mais sans tous les trucs effrayants des cryptomonnaies ».

Lors des conférences institutionnelles, entre 2015 et 2018, le slogan était « la blockchain, oui, le Bitcoin, non ». Pour l’establishment, c’était une façon de dire : on aime la tech mais pas la révolution.

Cela n’a pas marché. Les blockchains privées se sont étiolées. Les blockchains publiques ont prospéré. Tout comme Internet a écrasé l’intranet dans les années 1990, le système ouvert l’a emporté.

Mais revenons en 2025.

La lutte recommence. Sauf que cette fois, elle n’oppose pas des startups bizarres à des banques, mais des monnaies à d’autres monnaies.

Aujourd’hui, regardons comment le terrain de jeu a évolué depuis que les stablecoins ont reçu le feu vert aux Etats-Unis… et ce que cela signifie pour les cryptomonnaies dans leur ensemble.

Coup de starter des stablecoins

Commençons par l’Europe.

Resituons le contexte…

L’Europe a passé des années à élaborer un PDF de 500 pages sur « l’euro numérique » qui pourrait peut-être exister un jour. Le projet était le suivant : il fallait que cette monnaie numérique reste privée et fastidieuse, et laisser les banques la superviser en grande partie.

Et puis est arrivé le mois de juillet 2025, date où les Etats-Unis ont lâché leur bombe réglementaire : la loi « GENIUS Act ».

Soudain, la Banque centrale européenne (BCE) a eu une prémonition : si les Etats-Unis arrivaient à leurs fins, le dollar gambaderait bientôt sur les blockchains publiques alors que l’euro serait entravé dans ses prothèses orthopédiques.

Autrement dit, si Bruxelles s’en tient à son vieux projet – une blockchain fermée fonctionnant au travers des banques –, l’Europe risque de passer à la trappe des nouvelles règles de la monnaie.

Les commerçants, les fintechs, les traders utiliseront des stablecoins du dollar, qui sont plus simples, plus rapides et déjà intégrés aux canaux mondiaux.

Dès le mois d’août, le Financial Times indiquait que la BCE envisageait sérieusement de lancer un euro numérique sur une blockchain publique comme Ethereum ou Solana.

C’est un changement majeur, par rapport à son modèle privé établi depuis longtemps.

Et l’Europe, ce n’est que le début…

Un yuan rouge et un feu vert

La Chine a déjà des années d’avance, sur son territoire, sur le front des paiements numériques.

Dès 2025, des centaines de millions de portefeuilles ECNY sont apparus, intégrés à Alipay et WeChatPay. Chaque transaction est programmable et contrôlée en temps réel, cela s’apparente plus à un « crédit social dopé » qu’à de la monnaie numérique.

Mais le yuan ne voyage pas très bien. Il est piégé par le contrôle des capitaux, et personne n’en veut à l’étranger.

Peu après l’adoption du GENIUS Act, Pékin a eu une idée autrefois impensable : un stablecoin du yuan. Pas pour le pays, mais pour l’étranger – et avec Hong Kong pour bac à sable.

La Chine continentale demeure verrouillée, alors que Hong Kong pilote un stablecoin du yuan ciblant le commerce, les paiements internationaux, et qui défie le dollar à l’étranger… le tout probablement sur une blockchain publique.

Mais même l’Europe et la Chine ne représentent qu’une partie de l’histoire. A présent, tous les ministres des finances, de Séoul à Singapour, se dépêchent de combler l’écart.

Le quatrième club de ceux qui bougent

La Corée a calé sur les MNBC (monnaies numériques de banque centrale) pendant des années. Mais une fois que les Etats-Unis ont légalisé les stablecoins en dollar, la gigantesque fintech Toss a annoncé son intention de lancer un jeton adossé au won.

Le Japon a fini par céder, également.  Après des années passées à punir les investisseurs en cryptomonnaies, les régulateurs ont autorisé le premier stablecoin adossé au yen, le JPYC, puis commencé à modifier le code des impôts, en levant les taxes punitives qui frappaient les cryptomonnaies et en les traitant comme des actions, avec un taux d’imposition unique (flat tax) de 20 %, et la possibilité de reporter les pertes.

Le Moyen-Orient n’a pas hésité. Les Emirats arabes unis et Bahreïn déploient des stablecoins de dirham et de dinar, conformément à de nouvelles lois.

Et même le Wyoming a lancé son propre stablecoin : Frontier Stable Token (FRNT). Chaque FRNT est adossé à des bons du Trésor américain en dollar, les intérêts devant financer notamment le Wyoming School Foundation Program (programme d’éducation).

Circle a éprouvé le modèle destiné aux entreprises privées, et le Wyoming en a fait une politique publique.

De Tokyo à Dubaï, en passant par Casper (petite ville du Wyoming), le choix est clair : soit vous créez votre stablecoin, soit vous vous ferez avaler par celui d’un autre.

Voici ce que cela signifie, pour les cryptomonnaies…

C’est super haussier

Quand la loi GENIUS Act a donné le feu vert aux stablecoins sur des blockchains publiques, cela a forcé l’Europe, la Chine, le Japon, la Corée, les Emirats arabes unis – et même le Wyoming – à se joindre à la partie.

Tout nouveau stablecoin soutenu ou réglementé par un Etat doit s’intégrer aux infrastructures de cryptomonnaie existantes : Ethereum, Solana, Avalanche, les Layer 2, les portefeuilles, la DeFi (finance décentralisée).

Davantage de liquidités, davantage d’utilisateurs, davantage d’utilité… le tout affluant dans des systèmes ouverts.

Les stablecoins représentent une rampe de lancement, pour les milliards de gens qui ne s’intéressent pas aux « cryptos » mais au paiements, aux transactions et aux rendements.

Et une fois qu’ils seront sur la blockchain, tout le reste de la crypto-économie – la DeFi, les actifs tokénisés, les subnets d’IA – ne se trouvera plus qu’à un clic.

L’argent du monde est en train de se faire traîner par les cheveux jusque sur les rails des cryptomonnaies.

C’est la plus importante validation du secteur, à ce jour. Et personne (PERSONNE) n’est prêt à ce qui va se passer ensuite…

Chris Campbell

Chris Campbell est constamment à la recherche de moyens pour vous aider à vivre une vie plus libre, plus saine, plus riche et plus épanouissante. Ses recherches l'ont conduit dans plus de 30 pays. Il a été à la pointe du Bitcoin, du tourisme médical, de la décentralisation, des villes autonomes, de la biotechnologie et de bien d'autres choses encore. Chris est l’analyste principal du service Cryptos Incubator de James Altucher, dans lequel il aide les abonnés à naviguer dans l’univers des cryptomonnaies. Vous pourrez également retrouver ses analyses dans la lettre Les Investissements d’Altucher.

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