Les marchés européens tentent de finir la semaine dans le vert grâce à un ressort désormais bien connu : une nouvelle rumeur de réouverture du détroit d’Ormuz. Selon Philippe Béchade, c’est au moins la cinquantième du genre depuis le printemps… mais il suffit encore de quelques déclarations venues de Washington pour faire plonger le pétrole de 3 %, détendre les taux et redonner un peu d’oxygène aux indices. Les algorithmes, eux, ne s’embarrassent pas de vraisemblance géopolitique, ils achètent la dépêche.
Ce répit ne change rien au fond du problème. Les taux longs restent à des niveaux extrêmement élevés, avec un 10 ans français monté autour de 4,7 %, tandis que l’écart avec l’Allemagne demeure sous forte tension. A ces niveaux, le coût du crédit immobilier et du refinancement des entreprises promet de devenir de plus en plus douloureux.
Autre rendez-vous scruté : la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping. Derrière les envolées sur une coopération historique en matière d’intelligence artificielle, Béchade rappelle que Washington et Pékin restent engagés dans une lutte acharnée pour la domination technologique mondiale. Même chose sur l’énergie : les tensions autour d’Ormuz et de Bab el-Mandeb frappent surtout la Chine et l’Europe, tandis que les Etats-Unis disposent d’une position beaucoup plus confortable.
En somme, les marchés rebondissent encore sur une rumeur, alors que les vrais foyers de tension (dette, taux, énergie et rivalité sino-américaine) sont toujours là. Le décor s’éclaircit quelques heures ; le scénario, lui, n’a pas changé…
Cliquez ici ou sur l’image ci-dessous pour visionner la vidéo

