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Bitcoin & cryptomonnaiesGoldOR / GOLDOr et matières premières

L’or versus le Bitcoin : le « test de Téhéran »

By 1 avril 20265 Comments

Chaque crise ressuscite les mêmes réflexes : fuir vers l’or, abandonner le risque. Pourtant, sur fond de guerre en Iran, les marchés racontent une autre histoire. Tandis que l’or est vendu dans l’urgence, le Bitcoin devient, contre toute intuition, l’outil de survie préféré de ceux qui n’ont plus le temps d’attendre.

 

1933 : Franklin D. Roosevelt signe l’Executive Order 6102. Tous les Américains doivent rendre leur or. Le gouvernement le revalorise de 70 % dès qu’il a la main dessus.

1959 : Fidel Castro prend le contrôle de Cuba. Entreprises, comptes en banque, immobilier… tout est nationalisé. Les gens qui se sont enfuis les mains vides construisent Miami.

1951 : Bagdad. Après un nouvel attentat, les lignes téléphoniques sont interrompues. En 24 heures, 120 000 Juifs irakiens – commerçants, banquiers, orfèvres – découvrent qu’ils sont devenus pauvres. Ils sont embarqués dans des camions, fouillés au corps à l’aéroport, et l’or est confisqué à la porte d’embarquement.

2013 : Chypre. Les déposants se réveillent un beau matin en découvrant que leurs comptes ont été vidés pour renflouer le système. Sans préavis. C’est parfaitement légal.

Les époques changent, les régimes changent, les mécanismes évoluent, mais le dénouement reste le même : l’argent stocké dans un système qui exige la permission d’un tiers pour y accéder peut toujours être saisi.

Chaque génération apprend cette leçon dans la douleur.

On ne pouvait pas y faire grand-chose autrefois, contrairement à aujourd’hui.

Et les flammes sur Téhéran pourraient en être le prochain chapitre.

 

Le Bitcoin est un actif risqué, et l’or un actif refuge (?)

28 février 2026 : les Etats-Unis et Israël lancent l’Opération Fureur Epique et attaquent l’Iran.

Le Détroit d’Ormuz est fermé.

Vingt pour cent de l’approvisionnement mondial de pétrole est stoppé du jour au lendemain.

Quelques minutes après les premières frappes, plus de 300 M$ de cryptomonnaies sont vendues sur le marché.

Le Bitcoin chute de 72 000 $ à 63 000 $. L’or flambe. Le dollar flambe.

Tous les réflexes des investisseurs amènent à la même conclusion : le Bitcoin est un actif risqué et l’or est une valeur refuge.

La bonne vieille rengaine.

MAIS…

Depuis le début du conflit, le Bitcoin s’est longtemps maintenu au-dessus de 68 000 $. Il a chuté le 27 mars à 65 500 $, pour rebondir au-dessus de 66 000 $. Ce support clé a tenu bon à chaque sell-off provoqué par la guerre depuis le 28 février.

L’or, lui, a chuté. Le cours spot de l’or a baissé de 5,8 %, sur la seule journée du lundi 23 mars, pour atteindre 4 226 $, son niveau le plus faible de l’année 2026, et après avoir connu sa pire semaine depuis 1983.

L’or a perdu plus de 10 % par rapport à ses plus-hauts de janvier 2026, alors que le Bitcoin est en légère hausse par rapport au moment où la guerre a commencé.

Pourquoi ?

 

Une arme à double tranchant

L’or est le meilleur compte d’épargne du monde. Il le prouve depuis des milliers d’années. Les banques centrales l’adorent. Les fonds souverains en amassent. Les banques centrales, collectivement, détiennent environ 36 000 tonnes d’or en réserve.

Mais sa principale force est également une faiblesse.

Quand les nations du Golfe Persique ont eu besoin d’argent – pas dans un délai d’un an ou d’un trimestre, mais immédiatement – pour réparer les infrastructures, reconstruire les raffineries de pétrole, reconstituer des liquidités d’urgence – elles ont pioché dans le compte épargne.

Elles ont cassé la tirelire et vendu.

Le P-DG du Groupe deVere [groupe international de conseil et de gestion de patrimoine ; NDLR] l’a dit sans ambiguïté :

« L’or reste l’un des rares actifs souverains sans effet de levier. Pour les gouvernements traversant des difficultés politiques ou financières, la tentation de liquider les réserves est réelle ».

L’or se reprend toujours.

Mais dans les moments de peur maximale on le vend, et ça, systématiquement.

 

Bitcoin : ce qui s’est vraiment passé en Iran

Alors que les analystes débattaient de ce qu’il fallait faire sur le plan macroéconomique, quelque chose d’autre s’est produit sur le terrain.

Quelques minutes après les frappes en Iran, le 28 février, des observateurs de la blockchain ont détecté des ondes de choc sur les marchés de cryptomonnaies.

Les retraits sur Nobitex – la plateforme d’échange de cryptomonnaies la plus importante d’Iran, qui sert 11 millions d’utilisateurs – ont bondi de 873 %.

Il ne s’agissait pas de ventes mais de transferts pour sécuriser les fonds.

Les retraits nets ont dépassé les 10,3 M$ au 2 mars, avec des pics horaires de 2 M$, malgré la coupure d’Internet dans tout le pays.

Il s’agit de citoyens vivant en zone de guerre, qui n’avaient plus Internet, et qui ont trouvé un moyen de déplacer leurs Bitcoins.

Ils n’ont pas attendu que la peur passe. Ils ont agi parce que le rial [monnaie officielle de l’Iran ; NDLR] s’effondrait, parce que les banques s’effondraient, parce que les canaux monétaires étaient coupés et qu’il n’existait aucune autre issue.

Pour une famille classique iranienne, le BTC demeure le moyen le plus pratique de se protéger contre un effondrement monétaire total.

Et maintenant, revenons à l’aéroport de Bagdad en 1951.

Imaginons la même famille, les mêmes 24 heures, les mêmes gardes à la porte d’embarquement.

Mais cette fois, cette famille a mémorisé une phrase secrète de 12 mots. Elle embarque dans l’avion sans rien sur elle, atterrit quelque part en toute sécurité, ouvre un ordinateur portable, et tout son argent épargné se trouve bien là.

Aucun garde ne peut lui prendre les 12 mots.

Aucun contrôle de sécurité ne peut confisquer la mémoire de quelqu’un.

La situation est totalement inversée.

L’or, c’est ce que l’on achète quand on a peur de ce qui arrivera l’an prochain. C’est un capital patient, un pari sur le fait que la situation du monde s’aggravera lentement.

Le Bitcoin, c’est ce que les gens achètent de plus en plus quand l’urgence existe aujourd’hui.

Quand on a peur du lendemain, on achète de l’or.

Quand on a peur aujourd’hui, on achète du Bitcoin.

La guerre en Iran n’a pas créé cette règle. Mais, rétrospectivement, elle vient peut-être de la vérifier.

****

Que pensez-vous de cette analyse ? N’hésitez pas à nous faire part de votre opinion dans les commentaires !

Chris Campbell

Chris Campbell est constamment à la recherche de moyens pour vous aider à vivre une vie plus libre, plus saine, plus riche et plus épanouissante. Ses recherches l'ont conduit dans plus de 30 pays. Il a été à la pointe du Bitcoin, du tourisme médical, de la décentralisation, des villes autonomes, de la biotechnologie et de bien d'autres choses encore. Chris est l’analyste principal du service Cryptos Incubator de James Altucher, dans lequel il aide les abonnés à naviguer dans l’univers des cryptomonnaies. Vous pourrez également retrouver ses analyses dans la lettre Les Investissements d’Altucher.

5 commentaires

  • Avatar Monber dit :

    Bonjour,
    Les irakiens de Bagdad en 1951 devaient être des surdoués: ils ont dû mémoriser les 12 mots pendant une trentaine d’années puisque l’ordinateur portable fut inventé dans les 1980-1990 je ne sais pas exactement, et en plus j’ai des soupçons sur le réseau internet qu’ils ont pu utiliser pour se connecter et retrouver leurs avoirs, puisqu’internet date des années 70 avec des ordinateurs de bureau dont la puissance de calcul n’était pas très élevées
    salutations

  • Avatar Bergsma dit :

    Le Bitcoin apporte un moyen extraordinaire de protection de ses avoirs pour autant que le réseau internet fonctionne.
    Il y a tellement de bonnes raisons pour que le réseau fonctionne pour que la protection soit réel.

  • Avatar michel dit :

    bonne analyse actuelle

  • Avatar Alain dit :

    Le Bitcoin ne repose sur rien, c’est du vent, il peut s’envoler ou être plaqué au sol balayé par les intempéries

  • Avatar tamino dit :

    Excellente analyse des enjeux . Ce qui peut arriver à des populations lointaines soumises à des dictatures, arrive aussi dans ce qu’on croit être des démocraties : voir la spoliation à Chypre, mais aussi je crois en Espagne , et avant aux Etats Unis ( vol légal de l’or des citoyens ).
    Confirmation : il n’y a aucun Etat de droit fiable sur terre : soit des dictatures, ou leur faux semblants : démocratures ou dictatocraties.

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