Les crypto-monnaies décrochent, mais la vraie bataille ne se joue pas sur les graphiques. Derrière la volatilité apparente, un bras de fer silencieux oppose innovation et cadre légal. Les institutions ne fuient pas le marché par peur du risque : elles attendent des règles claires. Et c’est précisément là que tout se joue aujourd’hui.
Les crypto-monnaies s’effondrent, et cela pose ce type de GRANDE question : si les crypto-monnaies sont si haussières, à long terme, alors pourquoi a-t-on l’impression que les institutions décrivent des cercles autour de la piste au lieu d’atterrir ?
La vérité a peu à voir avec la volatilité, encore moins avec les cours et absolument rien avec la tolérance au risque.
La pièce manquante, c’est la structure.
Contrairement aux gens qui spéculent sur des jetons de la DeFi dans leurs sous-sols, les institutions attendent une autorisation de type légal. Or, en ce moment, les crypto-monnaies évoluent encore dans une zone grise qui donne des sueurs froides aux responsables des services juridiques.
Et c’est là qu’entre en jeu la loi CLARITY Act.
Or, cette semaine, quelque chose s’est produit en silence.
Ce que fait vraiment la loi CLARITY (en termes clairs)
Dans le fond, la loi CLARITY Act répond à une question que les États-Unis esquivent depuis des années : QUI réglemente QUOI ?
Avant la loi CLARITY Act, la SEC et la CFTC se partageaient une autorité mal définie et qui se superposait. Cette incertitude a créé un risque juridique. Et les grandes institutions ne déploient pas de vrais bilans dans des environnements où les lois peuvent changer « après coup ».
La loi CLARITY vise à tracer une ligne claire.
- Les actifs numériques assimilés à des matières premières (digital commodities) relèvent de la CFTC (Commodity Futures Trading Commission).
- Les valeurs mobilières ou titres financiers numériques (digital securities) restent du ressort de la SEC (Securities and Exchange Commission).
En quoi est-ce important ?
Des actifs tels que l’Ethereum pourraient être davantage considérés comme des matières premières que comme des titres financiers.
Ce simple changement réduit le risque de poursuites et de sanctions des autorités de régulation, et ouvre la porte à une participation à grande échelle des banques, fonds et gérants d’actifs.
Mais ces institutions ne se jettent pas à l’eau sur de simples probabilités juridiques. Elles ont besoin de savoir :
- qui réglemente ;
- quelles sont les règles ;
- ce qui est permis et ce qui ne l’est pas.
Et tant que ces réponses ne sont pas inscrites noir sur blanc, les capitaux restent prudents.
Ce qui vient de se passer au Congrès
Cette semaine, la loi CLARITY Act a franchi une étape en commission parlementaire.
Plus précisément, la Commission de l’Agriculture du Sénat, qui supervise la CFTC, a fait avancer le cadre applicable aux actifs numériques de type matières premières.
C’est un signe significatif qui suggère que les législateurs sont de plus en plus à l’aise avec l’idée de placer certaines parties des crypto-monnaies sous une structure réglementaire de type matières premières.
Pour l’Ethereum et certains écosystèmes bien établis, c’est appréciable.
Dans le même temps, la partie de la loi plus sensible politiquement, gérée par la Commission bancaire du Sénat, a été freinée. Cette section fait intervenir les stablecoins, une supervision financière plus vaste… et des débats politiques plus rudes.
Alors le signal adressé aux marchés est, d’une part, une avancée et, d’autre part, une impasse.
Le cadre est en branle, mais il n’est pas achevé.
On peut dire une chose…
La chose à se rappeler
Les institutions n’attendent pas que les cours baissent.
Elles attendent des lois.
Le fait que la loi CLARITY Act avance est important. Les retards le sont tout autant.
Ensemble, ils expliquent pourquoi les crypto-monnaies donnent aujourd’hui l’impression d’être à la fois délaissées et poussées dans leurs retranchements.
Quand le cadre sera enfin solide, la participation évoluera rapidement.
D’ici là, cela reste un marché où la patience, la structure et le positionnement ont plus d’importance que tout battage médiatique.
À partir d’un certain point, les résultats ne relèvent plus du hasard.
Et nous nous positionnons dans la perspective de cette réalité.

