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Pétrole, tensions géopolitiques et marchés : un pari risqué mais payant ?

By 10 mars 2026No Comments

Le pétrole flambe, Wall Street tremble, BlackRock trébuche : en quelques jours, les marchés ont connu une série d’événements qui ravivent spectres géopolitiques et inquiétudes financières. Dans ce chaos, une question s’impose : assiste‑t‑on à un simple accès de volatilité… ou au prélude d’une crise plus profonde ?

 

Tout évolue extrêmement vite sur les marchés, et plus particulièrement sur le pétrole en ce moment. L’or noir capte clairement toute l’attention des opérateurs. Encore autour de 70 $ au début de la semaine dernière, il s’est rapidement envolé en ligne droite depuis l’apparition d’un trou de cotation hebdomadaire lundi dernier (voir le « gap » ci-dessous).

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Evolution du WTI (mélange de plusieurs pétroles bruts légers américains) depuis octobre 2023
Source : ProRealTime

Depuis, une question revient régulièrement : la chute récente des indices représente-t-elle une bonne opportunité d’achat ? En regardant les données historiques, j’aurais presque tendance à répondre oui. L’allocution télévisée de Donald Trump hier soir semble d’ailleurs aller dans ce sens.

En prenant un peu de recul et en observant le comportement passé de Wall Street lors des grands épisodes de guerre, on constate une forme d’optimisme prudent. Lorsqu’on analyse les grands conflits récents, on note fréquemment une progression des indices 30 jours après l’entrée en guerre. Certes, lors du déclenchement du conflit en Ukraine en février 2022, il a fallu plusieurs mois avant de voir une reprise. Mais si l’on se concentre sur les tensions au Moyen-Orient – la guerre en Irak en 2003 ou la guerre du Golfe en 1991 – les marchés mondiaux étaient, dans les deux cas, plus haut un mois après le début des hostilités. Il faut remonter à la Seconde Guerre mondiale pour trouver une performance négative sur un délai de 30 jours.

Une analyse publiée hier par John Plassard (Cité Gestion) appuie d’ailleurs ce constat.

Dans ce contexte, une accalmie à court terme sur le pétrole semble gagner en crédibilité, notamment après la mèche haute d’essoufflement observée hier (voir la flèche rouge sur le graphique du WTI). D’autant que, lors d’une édition spéciale hier, le G7 a évoqué un possible recours à ses réserves stratégiques, et que Donald Trump a laissé entendre qu’une sortie de crise dans le détroit d’Ormuz pourrait être imminente. En adoptant une perspective optimiste, on peut même espérer que Marc Fiorentino aura vu juste dans son récent regain de confiance…

 

Et pendant ce temps-là, BlackRock chute…

Par ailleurs, l’intense actualité liée à l’Iran – et j’insiste sur le fait que mon propos reste uniquement financier, au-delà des enjeux humains – a pour « avantage » de masquer certains sujets potentiellement sensibles. Outre les affaires Epstein concernant le président américain, l’actualité autour de BlackRock passe presque inaperçue. Enfin, pas pour le marché : le titre a subi vendredi l’une de ses plus fortes chutes journalières depuis des années, avec des volumes record (voir l’ellipse orange et la croix rouge ci-dessous).

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Evolution du titre BlackRock depuis août 2025
Source : ProRealTime

 

Le groupe – premier gestionnaire d’actifs mondial – traverse en effet une zone de turbulences depuis la fin de la semaine dernière. En effet, les retraits de son fonds HPS Corporate Lending dédié au crédit privé – et doté de 26 Mds$ – ont été suspendus. Ce n’est pas un cas isolé : Blackstone avait connu une situation similaire fin février.

Il serait sans doute prématuré d’annoncer l’émergence d’une nouvelle crise, mais la comparaison avec les débuts de la crise des subprimes est difficile à ignorer. A l’été 2007, BNP Paribas avait en effet été l’une des premières banques à geler un fonds, et on sait ce qui a suivi. Cette décision était en fait un premier signal masquant un enchaînement de défauts…

Ainsi, le rebond entamé hier ne me surprend qu’à moitié (nous avions d’ailleurs pris le temps de profiter de la baisse dans la matinée, juste avant la reprise ; cf. notre money management dans Agora Bourse Pro Elite).

 

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Alerte Agora Bourse Pro Elite du 9 mars 2026
Source : Publications Agora

 

Je saisis l’opportunité pour remercier certains abonnés pour leurs retours (voir capture ci-dessous).

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Source : Agora Bourse

 

Malgré tout, pour moi, plusieurs menaces continuent de peser sur Wall Street. Parmi elles :

  • les risques de surévaluation des acteurs de l’IA et l’incertitude autour de la rentabilité future des investissements colossaux engagés (Oracle est d’ailleurs très attendu ce soir en after hours pour sa publication) ;
  • et la fragilité croissante du crédit privé, qui montre depuis la fin de l’année dernière des signes de blocage préoccupants.

Je ne suis visiblement pas le seul à suivre cela de près

Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu'analyste technique et obtient son diplôme d'Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis). Depuis près de 10 ans, il s'est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d'actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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