Alors qu’un accord semblait se dessiner entre Washington et Téhéran en début de semaine, les nouvelles frappes américaines en Iran ont rapidement ravivé les tensions géopolitiques et fait replonger les investisseurs dans l’incertitude. Volatilité persistante sur le pétrole, hésitations du CAC 40 et réactions de marché de plus en plus brutales aux publications d’entreprises : le climat boursier s’est nettement tendu…
En cette fin de mois de mai, la situation géopolitique entre l’Iran et les États-Unis reste particulièrement difficile à interpréter. Dimanche, le Washington Post indiquait qu’un protocole d’accord avait finalement été trouvé entre Washington et Téhéran. Malgré plusieurs désaccords persistants en fin de semaine dernière – notamment autour du dossier de l’uranium – les marchés avaient immédiatement réagi positivement, entraînant une nette détente du pétrole, avec un baril repassé sous les 100 $.
Mais à peine le lundi de Pentecôte terminé, de nouvelles frappes aériennes américaines visant des sites de missiles dans le sud de l’Iran étaient annoncées dans la nuit. Une situation peu compatible avec le cessez-le-feu actuellement en place. Dès lors, l’hypothèse d’une réouverture rapide, même partielle, du détroit d’Ormuz semble de nouveau compromise. Un contexte qui explique en partie le repli observé hier sur les marchés actions, dans une séance marquée en plus par la fermeture de Wall Street.
Sur le plan technique, la configuration du CAC 40 rappelle d’ailleurs les hésitations déjà observées à plusieurs reprises, notamment les 17 avril et 6 mai (voir les flèches rouges sur le graphique journalier).
Évolution du CAC 40 depuis janvier 2026
Source : ProRealTime
La zone de prix testée hier (ellipse orange) apparaît donc comme un niveau charnière majeur. En cas de reprise haussière et de sortie par le haut du canal descendant journalier (visible en grisé), l’indice parisien pourrait alors viser le comblement du gap baissier ouvert le 2 mars. À l’inverse, une nouvelle phase de repli vers la borne basse du canal resterait envisageable, avec en ligne de mire la zone de support située entre 7 850 et 7 950 points (niveaux horizontaux rouges sur le graphique).
CAC 40, indices US… même les grandes signatures ne sont plus épargnées
Au-delà des tensions géopolitiques, les investisseurs continuent de composer avec un flux de nouvelles d’entreprises toujours aussi contrasté. Car en dehors du thème de l’intelligence artificielle – et encore, puisque Nvidia a par exemple corrigé après ses résultats – certains poids lourds de la consommation comme Walmart ont également subi des prises de bénéfices en fin de semaine dernière.
Ce matin, Ferrari illustre à son tour cette prudence du marché. Malgré la puissance de sa marque et son fort pouvoir de fixation des prix (pricing power) , la présentation de son nouveau modèle 100 % électrique, baptisé « Luce », a été fraîchement accueillie par les investisseurs (voir la croix rouge sur le graphique).
Évolution du titre Ferrari depuis janvier 2026
Source : ProRealTime
Il faut dire que, visuellement, le design du véhicule peine à susciter l’enthousiasme.
Luce, nouveau modèle électrique de Ferrari
Source : Luxurytrends via Bing
Avec un tarif estimé entre 500 000 et 600 000 €, ce nouveau modèle semble en outre assez éloigné de l’aura des Ferrari historiques. Un signal supplémentaire d’un marché désormais moins enclin à payer n’importe quel prix simplement « pour voir ».




