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Bouygues : valeur de rebond par excellence pour le CAC 40 ?

By 13 juillet 2026No Comments

Après son repli depuis le printemps, Bouygues revient sur des niveaux de valorisation attractifs. Solide, rentable et désormais plus ambitieux aux Etats-Unis, le groupe pourrait être l’un des grands bénéficiaires d’une prochaine rotation sectorielle au sein du CAC 40.

Alors que le CAC 40 bute sur ses sommets historiques, ne parvenant pas à franchir de nouveau les 8 500 points, un reflux indiciel doublé d’une rotation sectorielle ne sont pas à exclure cet été. Ce phénomène, classique lors des fins de cycles économiques, se traduit par une baisse ponctuelle de l’indice, suivi d’un rebond quelques semaines ou mois plus tard.

En façade, ce type de mouvement est neutre pour les investisseurs. Mais dans le détail, si les indices retrouvent rapidement leur niveau antérieur, les valorisations des entreprises prises indépendamment les unes des autres évoluent fortement. La baisse est causée par les anciennes stars de la cote, qui subissent d’importants dégagements, tandis que la hausse est alimentée par les valeurs précédemment mal-aimées qui reviennent sur le devant de la scène. La stabilité indicielle lors d’un rebond en « V » masque en réalité d’importantes variations individuelles, tant à la baisse qu’à la hausse.

Dans ce contexte, commencer à accumuler des valeurs décotées permet de placer ses pions pour anticiper cette possible redistribution des cartes. En optant pour des valeurs rentables et en croissance, les investisseurs sont mêmes payés pour attendre.

Le groupe Bouygues fait partie de ces dossiers à surveiller. Bien diversifié, il est actuellement valorisé moins de seize fois ses bénéfices annuels. Son exposition aux activités de construction, de téléphonie et d’immobilier qui suivent des cycles peu corrélés lui offre un socle d’activité résilient.

Mieux encore, le groupe vient d’annoncer une opération d’envergure aux Etats-Unis. En effet, pour renforcer sa division Bouygues Construction, le Français a fait main basse sur Vannoy Construction. Le rachat lui permet de multiplier le volume d’affaires de la division dans le pays par 7,4 –  ce qui fait du pays son deuxième marché après le Royaume-Uni.

Plein feu sur les USA 

Vannoy Construction, qui n’était qu’une modeste PME familiale lors de sa création dans les années 1950, est devenue au fil du temps un acteur de poids dans le sud-est des Etats-Unis. Spécialisée dans le bâtiment et la construction d’infrastructures, elle génère en année pleine un chiffre d’affaires de 873 M$ – soit près de six fois et demi le chiffre d’affaires actuel de Bouygues Construction dans le pays.

Dotée de sept agences sur place – dont cinq en Caroline du Nord et une en Virginie –, elle viendra compléter la présence jusqu’ici symbolique de Bouygues Construction qui s’était simplement implanté à Miami pour couvrir l’est des Etats-Unis et les Caraïbes. Elle permettra au groupe de répondre à la demande croissante en immobilier d’entreprise, dans la santé, l’éducation et la distribution de cette zone à la démographie encore favorable ; et d’être présent en Virginie où les centres de données poussent comme des champignons.

Le groupe français confirme ainsi son accélération au pays d’Oncle Sam. Si, historiquement, l’activité sur place était essentiellement concentrée sur les travaux routiers et ferroviaires par le biais de la filiale Colas, l’acquisition d’Equans durant la pandémie a renforcé l’implantation du groupe Bouygues sur place. Se renforcer dans le bâtiment était la suite logique, d’autant que le volume d’affaires apporté par Vannoy Construction représente plus de 8,2 % de celui de Bouygues Construction à l’échelle de la planète, et plus de 21 % de celui du groupe aux USA.

Avec cette opération, dont le montant reste confidentiel, la direction tient la promesse faite l’automne dernier. Olivier Roussat, le Directeur général du groupe, avait alors annoncé centrer sa stratégie d’expansion sur les Etats-Unis, un pays considéré comme particulièrement porteur. La feuille de route prévoyait également de se focaliser sur la demande autour des centres de données et dans les métiers de construction.

Le rachat de Vannoy Construction s’intègre pleinement dans cette stratégie et permet d’anticiper une forte croissance dans les prochaines années – d’autant que le rachat récent d’Equans, parfaitement réussi, est venu prouver la capacité de Bouygues à réaliser des opérations de croissance externe avec succès.

Un groupe rentable, de moins en moins cher 

Outre les belles perspectives à moyen terme, Bouygues est dès aujourd’hui un dossier de qualité. Au premier trimestre, son chiffre d’affaires « groupe » a approché les 12,2 Mds€, en légère baisse de 1,7 % sur un an à taux de change constants.

Si le résultat net s’est établi en territoire négatif, la génération d’EBITDA est restée confortable à plus de 530 M€. Le groupe vise, pour cette année, une stabilité du chiffre d’affaires (hors variations des taux de changes), et un maintien du résultat opérationnel courant des activités (ROCA) au niveau actuel.

A court terme, l’amélioration du ROCA d’Equans permettra de compenser la baisse attendue du ROCA de TF1, tandis que le rachat de SFR avec Orange et Free, décidé le 6 juin, devrait commencer à porter ses fruits à partir de la fin 2027.

La baisse récente du titre depuis le printemps fait revenir l’action sur des niveaux intéressants. Alors qu’elle s’échangeait encore autour de 53 € au mois d’avril, elle a terminé la semaine dernière autour des 46 €. Un retour au contact des 45 € valoriserait le groupe 17,5 Mds€ – soit moins de quatre mois de chiffre d’affaires et seulement 15,3 fois les bénéfices engrangés l’an passé.

En cas de retour sur les 40 €, qui faisaient office de résistance durant l’année 2025, les ratios boursiers s’amélioreraient encore significativement avec un ratio cours/bénéfices sous les 13,4.

Alors que le ratio moyen du CAC 40 est actuellement autour des 17,5, Bouygues devient un bon candidat pour mise en portefeuille en attendant la prochaine rotation sectorielle à la Bourse de Paris.

Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d'un diplôme d'Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l'industrie pétrolière, puis l'électronique grand public. Aujourd'hui dirigeant d'entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l'intérieur les opportunités d'investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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