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Banques : des trimestriels en or

By 20 juillet 2026No Comments

Portées par la volatilité des marchés et le retour des grandes opérations financières, les banques américaines affichent des résultats spectaculaires. À quelques jours des publications de BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole, le secteur bancaire français pourrait à son tour réserver de belles surprises aux investisseurs.

La saison de publication des résultats semestriels s’est ouverte un peu plus tôt à New York qu’à la Bourse de Paris. Les plus grandes banques américaines déjà ont communiqué leurs résultats au titre du deuxième trimestre 2026 – et ils sont excellents.

Alors que les principaux établissements français publieront leurs chiffres dans les prochains jours, ils sont actuellement en période d’embargo et ne diffusent plus d’informations financières. Si les nouvelles qui nous proviennent de l’autre côté de l’Atlantique sont transposables à nos fleurons, nous pouvons toutefois nous attendre à des annonces d’excellente facture qui pourraient faire repartir les titres à la hausse sur la fin de l’année.

BNP Paribas ouvrira le bal dès jeudi avec une publication le matin avant l’ouverture de la Bourse, suivie par la Société Générale et Crédit Agricole SA, qui publieront les leurs respectivement les 30 et 31 juillet. Les investisseurs qui veulent se positionner (ou se renforcer) sur ces valeurs disposent encore de quelques jours avant que les chiffres semestriels ne soient dévoilés. Une fenêtre de tir à ne pas manquer comme le montre l’envolée du cours de l’action Goldman Sachs la semaine dernière, qui s’est octroyée une hausse de 10 % en ligne droite suite à l’annonce de ses résultats.

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Évolution du cours de l’action Goldman Sachs (GS) lors de la publication de ses résultats trimestriels. Les bonnes nouvelles sont applaudies par le marché. Infographie : TradingView

La volatilité fait les affaires des établissements bancaires

Les mouvements de montagnes russes des marchés financiers, que l’on parle d’actions cotées, d’emprunts d’État ou de matières premières, sont souvent synonymes de stress pour les particuliers… mais ils sont du pain bénit pour les établissements bancaires.

Les revenus de trading de JPMorgan ont ainsi bondi de 86 % sur un an, pour dépasser les 12,1 milliards de dollars sur le dernier trimestre. Bank of America a de son côté dégagé 7,1 milliards de revenus grâce à cette activité. Si ce montant représente une hausse de « seulement » 33 % sur un an, il s’agit d’un niveau jamais atteint dans l’histoire du groupe bancaire plus que centenaire.

Citigroup, qui s’est enfin défait de la limite de 2 000 milliards de dollars d’actifs qui lui avait été imposée par la Fed, a également vu son activité de trading s’envoler de 45 % sur un an. En atteignant les 2,3 milliards de dollars sur le trimestre, elle atteint elle-aussi un niveau historique.

Pour tous ces établissements, la volatilité des marchés est une source de profits. Les mouvements violents permettent aux équipes de traders de prendre des positions directionnelles fortes qui, lorsqu’elles s’avèrent gagnantes, peuvent générer des profits colossaux. Par ailleurs, les variations de prix s’accompagnent de plus en plus d’augmentation des volumes d’échanges, et chaque transaction devient une opportunité pour les établissements de facturer des frais de transaction supplémentaires.

La nervosité sur les marchés et la multiplication des aller-retours des investisseurs sont ainsi une source de profits pour les banques qui gagnent que le prix des actifs soit orienté à la hausse ou à la baisse. C’est ainsi que même la chute brutale des cours de l’énergie ces dernières semaines pourra s’avérer, de manière paradoxale, une source de gains aussi importante qu’avait été la phase de hausse du printemps.

La banque d’affaires, prochain étage de la fusée

Même si le contexte boursier venait à se normaliser et que la volatilité disparaissait, les banques ont déjà identifié leur prochain relais de croissance : l’activité de banque d’affaires. Qu’il s’agisse de fusions-acquisitions ou d’introductions en Bourse, les grands mouvements capitalistiques ont tendance à se multiplier durant les phases de stabilité haussière, lorsque les actionnaires sont à la fois confiants dans l’avenir et que le marché est stable suffisamment longtemps pour que les dossiers puissent être menés à bien.

Si les volumes étaient devenus anémiques depuis l’an dernier, les grands projets sont de nouveau d’actualité, comme l’a prouvé l’IPO de SpaceX. Cette introduction en Bourse à haut risque s’est avérée un franc succès : l’entreprise est parvenue à lever coup sur coup 86 milliards de dollars sous forme d’actions et 26 milliards sous forme d’obligations. Goldman Sachs, qui était la principale banque en charge du montage du dossier, a capté 20 % du montant total des commissions que se partageaient les 23 établissements participant à l’opération.

Moins médiatisé mais tout aussi lucratif, le rachat d’xAI par SpaceX pour 250 milliards de dollars a été la plus grande opération de fusion-acquisition de l’histoire du secteur non-coté. Même si les banques d’affaires n’auraient certainement pas dédaigné la préparation d’une IPO en bonne et due forme (et les commissions afférentes), elles ont pu se consoler en ayant été sollicitées pour apporter des dizaines de milliards de dollars de liquidités dans le cadre d’un prêt-relais. Celui-ci serait en cours de conversion vers des souches obligataires classiques, ce qui permet de facturer de nouveaux frais d’accompagnement.

Le feuilleton du rapprochement entre Paramount et Warner Bros. Discovery, pour 111 milliards de dollars, a aussi été l’occasion pour les banques d’affaires de facturer des montants colossaux en services et en conseil.

Bank of America et Citigroup ont fourni une ligne de crédit estimée entre 54 et 57 milliards de dollars pour que Paramount soit en mesure de disposer de liquidités suffisantes. Et si Netflix, un temps dans la course, n’aura finalement pas réussi à faire main basse sur sa proie, les discussions préliminaires poussées auront permis à JPMorgan Chase de toucher le jackpot. Alors que Wells Fargo avait prévu de se rémunérer grâce à l’émission du prêt-relais et en facturant des frais si la procédure allait à son terme, JPMorgan avait négocié un tarif ferme de 90 millions de dollars pour la gestion de la bataille Paramount/Netflix, et 189 millions de dollars pour la simple restructuration des actifs de Warner Bros. Discovery.

Plus discrète et moins tape-à-l’œil que le trading boursier, l’activité de banque d’affaires n’en reste pas moins une corne d’abondance pour les établissements financiers. Se rémunérant à chaque étape des projets, ils sont gagnants même lorsque la pertinence économique des rapprochements, scissions et IPO est contestable.

Des valeurs encore bon marché

Malgré le contexte particulièrement porteur, le secteur bancaire reste sous le radar de nombreux investisseurs.

La hausse généralisée des valeurs au printemps faisait suite à un trou d’air conséquent entre janvier et mi-mars, et la performance depuis le 1er janvier est loin d’être à la mesure de la progression des fondamentaux.

Bank of America s’est ainsi octroyé seulement 13 % depuis le 1er janvier, Citigroup 14,8 %, et Wells Fargo reste dans le rouge à -7 % sur l’année. Seule Goldman Sachs sort du lot, avec une hausse de 27 %… mais celle-ci est due à la progression en ligne droite suite à la publications des trimestriels, qui a fait passer bondir sa performance annuelle de 11 points en deux séances.

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Évolution du cours de Wells Fargo (en orange), Bank of America (en rouge), Citigroup (en bleu) et Goldman Sachs (en vert) depuis le 1er janvier. La progression des cours de Bourse est loin de refléter celle des fondamentaux.

Ces hausses à deux chiffres, qui sont dans l’absolu tout à fait satisfaisantes pour les actionnaires, restent bien inférieures à la progression des bénéfices des établissements. Le revenu net par action de Wells Fargo a en effet progressé de 25 % sur un an; celui de Bank of America de 34,4 %; celui de Goldman Sachs de 39 % ; tandis que celui de Citigroup s’est envolé de 60 %.

La progression de la capitalisation boursière des grandes banques américaines est donc tout à fait justifiée par rapport à l’évolution de leurs bénéfices. Rendez-vous dans les prochains jours pour savoir si les établissements tricolores peuvent se prévaloir d’une croissance aussi importante.

Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d'un diplôme d'Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l'industrie pétrolière, puis l'électronique grand public. Aujourd'hui dirigeant d'entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l'intérieur les opportunités d'investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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