La saison des résultats trimestriels entre dans le vif du sujet – et le marché sort déjà la sulfateuse. Prévisions décevantes, publications ternes, bonnes surprises saluées au lance-flammes : de Paris à Wall Street, les écarts se creusent et les sanctions tombent sans préavis. Dans ce grand tri boursier, mieux vaut parfois suivre le mouvement que jouer les devins.
C’est parti pour le gros des publications trimestrielles – et, avec elles, le grand yo-yo des réactions boursières.
Et ce n’est qu’un début… En effet, au vu du nombre de sociétés appelées à publier leurs résultats, la semaine prochaine s’annonce comme la plus chargée dans l’Hexagone.
Mais une chose est déjà claire : Monsieur le Marché, lui, ne fait pas dans la demi-mesure.
Un simple coup d’œil au palmarès de la cote parisienne, ce matin dans les premiers échanges, suffit presque à illustrer ce constat (cf. encadré jaune sur le screenshot ci-dessous).
Source : LesEchosInvestir
Ce jeudi matin, donc, STMicroelectronics plonge après des prévisions jugées décevantes. A l’inverse, Soitec s’envole : le groupe n’a même pas attendu la semaine prochaine – date normalement prévue au calendrier – pour dévoiler de solides agrégats.
Cela me rappelle La Française de l’Energie… mais pour des raisons exactement opposées. Là encore, le groupe avait devancé sa date de publication. Sauf que, cette fois, c’était pour annoncer de moins bonnes nouvelles. Résultat : depuis son ouverture en gap baissier vendredi dernier, le titre ne fait plus qu’une chose… reculer (cf. l’ellipse orange ci-dessous).

Dans la série des « trous d’air », on retiendra également le cas de Sartorius Stedim Biotech. Déjà sous pression plus tôt dans la semaine, sur fond de tensions sectorielles, le titre s’engage à son tour dans la même spirale baissière ce jeudi, au lendemain de sa publication.
Et ailleurs en Europe, les opérateurs ne sont guère mieux lotis. Le géant italien du luxe Moncler, surtout connu pour ses doudounes, trébuche, lui aussi, de 7 % à 8 % ce matin à la Bourse de Milan (cf. croix rouge ci-dessous).
Un mouvement qui entraîne dans son sillage les valeurs françaises du secteur : Kering, LVMH, mais aussi, plus indirectement, Interparfums. Pour cette dernière valeur, toutefois, le repli s’explique également par une publication plutôt terne.
Même scénario en Suisse. Après les sanctions infligées en début de semaine à Schindler ou Lindt, c’est au tour de Nestlé de passer à la moulinette ce jeudi.
Et Wall Street n’échappe pas à la règle : publiés hier soir après la clôture, les résultats d’Alphabet et de Tesla semblent eux aussi promis à un accueil plutôt tiède.
Résultats : mieux vaut attendre le verdict
Certes, tout n’est pas noir.
Dans l’Hexagone, Seb signe par exemple une belle hausse ce jeudi. Publicis avait déjà relevé sa guidance en début de semaine dernière, tandis qu’Airbus a lui aussi été bien accueilli hier.
Mais ces quelques éclaircies ne suffisent pas à dissiper les nuages.
Et, pour reprendre une citation publiée sur le site Les Echos Investir à propos de cette saison des résultats, je partage assez largement cette analyse : « Cette année, plusieurs raisons me font penser qu’il vaut mieux rester suiveur plutôt que tenter d’anticiper les résultats semestriels. »



