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Les gagnants inattendus de la course à l’IA (1/3) : Caterpillar

By 31 août 2026No Comments

Autrefois connu pour ses engins de chantier, Caterpillar est en passe de devenir un équipementier incontournable du secteur de l’IA. Ses ventes de systèmes de production d’électricité s’envolent tant en volume qu’en valeur – et chaque contrat signé est de plus en plus rentable…

 

Alors que les grands noms de l’IA font l’objet de toutes les attentions en Bourse, leurs cours ont atteint des multiples de valorisation délirants.

À l’image des valeurs de la défense en 2022, les fabricants de semi-conducteurs et équipementiers voient leurs actions s’échanger sur la base de ratios cours/bénéfices extravagants. Si Alphabet (NASDAQ :GOOG) s’échange « seulement » 31 fois ses bénéfices attendus, ce multiple est artificiellement assagi par la comptabilisation de gains hypothétiques basés sur… ses propres investissements dans l’IA. Le leader des puces réseau à haute vitesse et des puces personnalisées pour les centres de données IA Broadcom (NASDAQ :AVGO) est pour sa part valorisé près de 60 fois ses bénéfices annuels, tandis que la capitalisation boursière d’Arm Holdings dépasse les 250 ans (!) de bénéfices.

Difficile, pour un investisseur au long cours, de passer à l’achat dans ces conditions. Pourtant, il existe des industriels établis qui profitent de la course à l’IA sans que leurs valorisations ne soient entrées en territoire déraisonnable.

Dans cette série de rentrée, nous allons découvrir trois valeurs qui profitent de manière indirecte de la course à l’IA et dont les actions peuvent encore être achetées à des prix acceptables.

La première d’entre elles est Caterpillar (NYSE: CAT). Le groupe, principalement connu pour ses engins de chantier, a vu une activité autrefois annexe s’envoler : la commercialisation de turbines. Celles-ci sont utilisées dans les centrales électriques d’appoint qui permettent aux centres de données de fonctionner même en l’absence d’un réseau électrique de taille suffisante.

L’énergie représente désormais la moitié des bénéfices de la firme jaune et noire, et les bénéfices, qui ont déjà bondi de 68 % au dernier trimestre, devraient continuer à progresser.

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Évolution du cours de l’action Caterpillar (NYSE:CAT) sur un an. Grâce au repli entamé au début du mois de juillet, l’action revient autour des 800 $.
Source : Google Finance

 

Le reflux récent du cours du titre, qui a approché les 1100 $ à la fin du mois de juin, offre un point d’entrée intéressant pour ceux qui veulent profiter de la multiplication des centres de données sans s’exposer directement au secteur du semi-conducteur.

 

Caterpillar : les centrales à gaz au service de l’IA

La multiplication des projets de centres de données n’est plus un secret pour personne – c’est d’ailleurs cette augmentation prévue de la capacité de calcul qui fait s’envoler le cours des fabricants de composants informatiques.

Désormais, l’envergure des data centers ne se compte plus en nombre de serveurs, ni en superficie, mais en puissance électrique consommée. Certains centres de données consomment déjà plus qu’une centrale nucléaire, comme le China Telecom-Inner Mongolia Information Park qui engloutit à pleine puissance 3 GW – près de deux fois la puissance électrique nette de l’EPR de Flamanville.

Les énergéticiens sont bien sûr incapables de répondre à cette augmentation de la demande. Il n’existe aucune capacité de production excédentaire équivalente, et même si elle existait à quelques centaines ou milliers de kilomètres du lieu de consommation, les réseaux n’ont pas la capacité de transporter autant d’énergie sur de grandes distances.

La seule solution économiquement viable et industriellement réaliste est donc de construire des capacités de production équivalentes au voisinage immédiat des centres de données.

Mais là encore, les contraintes sont importantes.

Les énergies renouvelables sont intéressantes pour la rapidité de mise en œuvre (un parc photovoltaïque peut sortir de terre en quelques mois) et leur coût de production marginal nul… mais elles ne fonctionnent que quelques heures par jour, quand les conditions météorologiques le permettent. En dépendre reviendrait donc à condamner les précieux centres de données à l’inactivité plus de la moitié du temps, sauf à construire des capacités de stockage disproportionnées.Les centrales nucléaires sont idéales pour alimenter des équipements informatiques. Elles sont particulièrement adaptées à un fonctionnement 24h/24 à pleine puissance. C’est d’ailleurs dans cette voie que s’est engagé Microsoft en finançant la réouverture du réacteur n°1 de Three Mile Island, arrêté depuis 2019. Remettre en service un réacteur est relativement rapide (les premières injections de courant sont prévues pour 2027 ou 2028), mais construire un réacteur qui n’existe pas encore prend au moins dix ans – et impossible pour les géants de la tech d’attendre aussi longtemps.

À court terme, il n’y a donc que les centrales à gaz qui soient capables de produire localement de l’électricité 24h/24 avec une puissance approchant le GW.

Au printemps, Microsoft s’est ainsi rapproché de l’énergéticien Chevron pour financer la construction d’une giga-centrale à gaz de 2,7 GW (l’équivalent de trois réacteurs nucléaires classiques), dont la puissance pourra à terme être portée jusqu’à 5 GW. Le mois dernier, Amazon est allé encore plus loin dans la démesure et a annoncé la construction d’une centrale d’une puissance dépassant les 7,6 GW – soit 12 % de la puissance totale du parc électronucléaire français.

Caterpillar, qui commercialise des générateurs à gaz et des turbines via sa filiale Solar Turbines, voit les commandes se multiplier. En association avec Joule Capital Partners, il a été retenu pour alimenter ce qui sera le plus grand centre de données de l’Utah (4 GW). En Virginie Occidentale, ses G3516 seront utilisés pour alimenter un data center dédié à l’IA d’une puissance de 2 GW. Et si le contrat principal de fourniture des turbines du site de Microsoft a été remporté par GE Vernova, des turbines Caterpillar seront utilisées pour la fourniture de puissance auxiliaire.

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De la turbine de dizaines de milliers de chevaux aux générateurs couplés à des batteries de stockage, Caterpillar dispose de multiples solutions pour alimenter les centres de données.
Photos : CAT/Solar Turbines

 

Au deuxième trimestre 2026, la division « Puissance & Energie » de Caterpillar a réalisé une performance historique.

Elle a dégagé un chiffre d’affaires de plus de 8,23 Mds$, en hausse de 17 % sur un an. Le bénéfice généré par cette activité a bondi de 30 % par rapport à 2025, et dépasse désormais les 2 Mds$, dans un contexte de marge en augmentation de 250 points de base. Du fait de sa rentabilité élevée, la division a généré 47 % des bénéfices trimestriels du groupe (alors qu’elle ne représente que 42 % du chiffre d’affaires).

Autrefois connu pour ses engins de chantier, Caterpillar est en passe de devenir un équipementier incontournable du secteur de l’IA. Ses ventes de systèmes de production d’électricité s’envolent tant en volume qu’en valeur – et chaque contrat signé est de plus en plus rentable. Avec un résultat net ajusté par action qui s’envole de 73 % sur un an, l’action est loin d’être hors de prix pour une valeur américaine.

Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d'un diplôme d'Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l'industrie pétrolière, puis l'électronique grand public. Aujourd'hui dirigeant d'entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l'intérieur les opportunités d'investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

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