Le rebond espéré n’a finalement pas eu lieu. Après avoir résisté au-dessus des 8 000 points, le CAC 40 a brutalement repris le chemin de la baisse, tandis que plusieurs niveaux techniques importants sont désormais menacés. Dans un contexte de tensions croissantes sur la dette française, le risque d’une baisse plus marquée se précise.
Depuis la mi-septembre, plusieurs signaux de stabilisation avaient commencé à apparaître sur le CAC 40. Parmi eux, la présence de divergences haussières sur les indicateurs techniques journaliers laissait espérer un possible arrêt de la baisse de l’indice parisien.
Cela s’est effectivement vérifié – du moins jusqu’à mardi – puisque le CAC 40 parvenait à se maintenir au-dessus des 8 000 points.
Dans ce contexte, j’avais, en toute transparence, tenté quelques achats de calls la semaine dernière dans le service Agora Trading Lab. Avec le recul, j’ai peut-être accordé trop de crédit aux rumeurs de détente sur le front géopolitique. Les déclarations, puis les démentis successifs de Donald Trump depuis le week-end dernier n’ont, il faut le reconnaître, pas contribué à améliorer la situation.
J’avais toutefois abordé ces positions avec une bonne dose de prudence et en appliquant une gestion rigoureuse du risque – ce que j’avais également préconisé pour certains de mes achats récents sur le PEA dans Agora Bourse Pro, auxquels étaient associés des niveaux de protection volontairement très serrés.
Sur le CAC 40, cette gestion du risque s’était notamment traduite par ce que j’appelle un « stop zéro », c’est-à-dire une remontée du stop jusqu’au prix d’achat. L’objectif est alors de ne plus risquer de perte sur la position (cf. capture d’écran ci-dessous) :
Alerte Agora Trading Lab du 28/09/2026
Source : Publications Agora
Car, comme vous pouvez le constater sur le graphique ci-dessous, l’incapacité du CAC 40 à reprendre dès lundi le niveau des 8 100 points commençait à m’alerter. D’où l’importance de cette gestion du risque.
La baisse précédente – matérialisée par le canal descendant noir sur le graphique – avait marqué un temps d’arrêt. Nous n’avons pas assisté à un véritable rebond technique par la suite.
Évolution du CAC 40 depuis juillet 2026
Source : ProRealTime
Il s’agissait plutôt d’une phase de consolidation latérale. Et c’est un point important : ce n’est pas parce qu’un actif cesse momentanément de baisser qu’il va nécessairement repartir à la hausse.
Le CAC 40 a ainsi échoué à franchir durablement la résistance horizontale située autour des 8 200 points, comme l’illustrent l’ellipse orange et la croix rouge sur le graphique journalier de l’indice.
Au regard de l’évolution des dernières 48 heures, cette prudence s’est révélée justifiée puisque l’indice parisien a finalement accéléré à la baisse, inscrivant depuis de nouveaux plus-bas.
Une équation qui se complique en France
Plus largement, force est de constater que l’environnement devient de plus en plus délicat pour les marchés français.
Hier encore, nous prenions connaissance d’une accélération de la hausse des prix dans l’Hexagone, ce qui constitue une mauvaise nouvelle.
Dans le même temps, un autre indicateur du niveau de risque perçu par les investisseurs évolue de moins en moins favorablement : l’écart de rendement entre les obligations d’État françaises et allemandes, autrement appelé « spread Bund/OAT », qui continue d’augmenter.
Cet écart revient ainsi vers des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis la crise de la dette souveraine en zone euro, au début des années 2010 (cf. capture d’écran ci-dessous).
Source : X / Alexandre Baradez
La situation est d’autant plus sensible que les valeurs bancaires, comme Société Générale ou BNP Paribas, ainsi que les compagnies d’assurance telles qu’Axa, sont directement exposées à la baisse des cours des obligations françaises puisqu’elles en détiennent dans leurs bilans.
Depuis mardi, un autre facteur est par ailleurs venu accentuer la pression sur certaines valeurs très dépendantes du marché français : l’hypothèse d’une hausse de la fiscalité dans le cadre de la préparation du budget 2027.
Cette perspective pèse notamment sur les entreprises particulièrement exposées à l’activité française, parmi lesquelles les sociétés concessionnaires comme Vinci, Eiffage ou encore ADP (voir ci-dessous).
Source : X / BFMTV
Le CAC 40 doit désormais réagir
Pour en revenir au CAC 40, l’indice serait bien inspiré de réagir rapidement. Une stabilisation, voire la formation d’une mèche basse traduisant un possible essoufflement des vendeurs, serait notamment à surveiller aujourd’hui.
Car, avec une sous-performance toujours marquée par rapport aux autres grands indices européens, le risque est désormais de voir la borne basse de la vaste structure en biseau ascendant de long terme céder à son tour.
Évolution du CAC 40 depuis 2019
Source : ProRealTime
Cette zone, matérialisée en gris et signalée par les flèches vertes sur le graphique hebdomadaire du CAC 40 ci-dessus, constitue désormais un niveau technique particulièrement important.
Une rupture de cette borne pourrait alors ouvrir la voie à une nouvelle phase de baisse, avec en ligne de mire les plus-bas de l’année dernière, situés sous les 7 000 points (cf. rectangle bleu).






