Les signaux inquiétants se multiplient des deux côtés de l’Atlantique : tensions politiques, marchés obligataires fragiles et concentration extrême de la hausse boursière. Le retour du « Hindenburg Omen », indicateur redouté des investisseurs, relance les craintes d’un décrochage des indices.
Comme je l’évoquais dans cet article récent, l’environnement de marché reste peu favorable. En Europe – et plus particulièrement en France – les émeutes survenues depuis le week-end dernier viennent encore accentuer le risque. Le niveau du spread entre le Bund allemand et l’OAT française en témoigne : il évolue à proximité de ses plus-hauts. Notez également que le vote du budget à l’Assemblée prévu aujourd’hui, pourrait être repoussé.
Sur le front politique, il ne faut pas non plus perdre de vue les élections de mi-mandat américaines, prévues début novembre. Dans ce contexte, la combinaison « pétrole cher et taux élevés » est loin d’être idéale pour Donald Trump.
Le marché obligataire envoie d’ailleurs un signal peu rassurant. Le rendement de l’emprunt américain à dix ans, le T-Note, s’est détendu depuis la semaine dernière. Après une nouvelle poussée vers 5,40 %, il est revenu autour de 5,10 % (voir l’encadré jaune sur la capture d’écran ci-dessous).
Évolution du rendement des obligations d’État américaines à 10 ans depuis mai 2026
Source : Investing
Cependant, le repli du rendement de cette référence mondiale ne suffit pas à détendre celui des OAT françaises, qui reste proche de 5 %. Cette résistance est préoccupante et n’augure rien de bon.
À Wall Street aussi, le tableau d’ensemble appelle à la prudence. La semaine dernière, le Nasdaq a enregistré l’une de ses plus fortes baisses hebdomadaires en près de cinq ans. Une question se pose désormais : s’agit-il du début d’un retournement durable ou d’une simple consolidation technique, finalement salutaire ? Certains arguments avancés rappellent en tout cas les signaux qui avaient précédé l’éclatement de la bulle Internet, en 2000.
Michael Burry, qui n’en est pas à son premier pari baissier sur ce type de scénario, établit lui aussi un parallèle avec cette période (voir l’encadré jaune sur la capture d’écran ci-dessous).
Source : startupfortune.com
Les analystes de BTIG, société américaine de services financiers, vont dans le même sens. Ils rapprochent notamment la situation actuelle du comportement de l’indice SOX au début des années 2000.
Le retour du “Hindenburg Omen”
Autre élément à surveiller : depuis la fin de l’été, la configuration du marché présente des caractéristiques de risque, avec la réapparition du signal connu sous le nom de « Hindenburg Omen ». Le précédent épisode remontait à février – je renvoie à ce sujet à mon article publié à l’époque. Rappelons qu’en mars, dans le sillage de l’éclatement du conflit en Iran, les marchés avaient effectivement connu un trou d’air.
Depuis la fin du mois d’août, nous évoluons de nouveau dans une configuration comparable, marquée par le signal d’Hindenburg (voir la capture d’écran ci-dessous).
Historique des signaux du Miekka Hindenburg Omen comparés aux niveaux du S&P 500 depuis 2011
Source : MarketWatch
Cette configuration se caractérise notamment par un marché de plus en plus dépendant d’un nombre restreint de valeurs. Dans le même temps, un nombre croissant de titres recule ou inscrit de nouveaux plus-bas sur 52 semaines. La capture ci-dessous, extraite de l’une de mes alertes du début du mois, en donne une illustration.
Extrait de l’alerte Agora Trading Lab du 9 octobre 2026
Source : Publications Agora
Certaines projections prolongent même cette tendance depuis le milieu du mois (voir la capture d’écran ci-dessous).
Source : X / Bluekurtic Market Insights
À mon sens, il serait risqué d’ignorer ces signaux. La semaine dernière encore, lorsque quelques grandes valeurs liées à l’intelligence artificielle ont commencé à subir des pressions vendeuses, les investisseurs se sont tournés vers des titres au profil plus défensif pour trouver un point d’appui, comme Walmart ou Pfizer.
Plusieurs échéances mériteront donc une attention particulière. Dès ce soir, notamment, la publication de SpaceX permettra-t-elle d’apaiser les inquiétudes autour des entreprises américaines fortement endettées ?






