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Matières PremièresPétrole

BWET : l’autre signal d’alerte du pétrole

By 15 septembre 2026No Comments

Le pétrole flambe, les taux longs se tendent et chaque « bonne nouvelle » géopolitique semble tenir moins longtemps qu’un baril à 100 $. Pendant que les marchés scrutent le Brent, un autre thermomètre s’affole en coulisses : celui du fret pétrolier, dont l’envolée dit peut-être encore mieux ce que le marché est en train de payer…

Le pétrole continue d’accaparer le focus des opérateurs. Depuis la fin de semaine, rebondissements et contrepieds restent légion.

Vendredi, tout d’abord, une détente des cours de l’or noir semblait s’amorcer dans l’espoir d’une rencontre entre l’Iran et les pays du Golfe. Coup d’épée dans l’eau puisque l’on apprenait hier matin que l’entrevue était ajournée. Une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, la fermeture d’un oléoduc stratégique en Arabie saoudite, à la suite de frappes de drones venait s’y ajouter. Peu engageant, et de quoi relancer le baril de Brent à l’assaut des 110 $.

Mais c’était sans compter sur de nouvelles sorties de Donald Trump…

Trump tente de calmer le jeu

Hier après-midi, le président américain a en effet multiplié les messages d’optimisme sur son réseau Truth Social, mettant en avant une amélioration sur tous les fronts. A la fois vis-à-vis de l’Iran mais également, dans la continuité de mon article de jeudi dernier, sur le front Ukraine/Russie.

 

twitter-trump-marchésSource : X / Alexandre Baradez

 

Le point commun étant évidemment le pétrole, avec une volonté à peine dissimulée de tenter d’en brider la hausse – les midterms arrivent outre-Atlantique. Mais, comme un pied de nez en guise de réponse indirecte, l’Iran ne semble visiblement pas l’entendre de cette oreille (cf. screenshot ci-dessous).

 

twitter-trump-pourparlers-iranSource : X / Walter Bloomber

 

Un contexte qui contribue à « remettre une pièce dans la machine » sur le risque inflationniste du marché obligataire, avec des taux longs qui ne cessent de grimper un peu partout sur la planète finance. Le taux à 10 ans US dépasse ainsi ce mardi le seuil rond des 5 %, tandis que, chez nous, le spread OAT/Bund tutoie désormais dangereusement le cap psychologique des 100 bp.

Il faut dire que, pour ne rien arranger depuis hier, les propos du patron de Bank of America sur les récentes tendances d’activité n’aident pas – et pèsent donc sur les valeurs bancaires ce mardi.

Un contexte qui, soit dit en passant, n’est pas pour nous déplaire…

 

trade-short-eurostoxx

Le pétrole n’est pas le seul à flamber

Mais, pour en revenir au pétrole comme principal driver de l’orientation générale du risque, j’attire votre attention sur une variante moins connue, mais qui a fait encore mieux en termes de performance ces derniers mois : le Breakwave Tanker Shipping.

Listé sur le NYSE à New York en future, ou accessible en ETF, le BWET est un fonds négocié en Bourse qui track l’évolution des taux de fret futurs des tankers pétroliers.

Tout d’abord, pour bien comprendre ce qu’est un taux de fret, tout est dit dans l’article suivant.

En pratique, et contrairement à la plupart des ETF dont l’émetteur doit détenir en propre le collateral (par exemple de l’or physique dans le cas d’ETF adossés à la relique barbare), le fonds ne détient pas de flotte de tankers. Sa performance reflète surtout l’évolution des contrats futures de fret.

Et le fait est que ce fonds profite d’un environnement évidemment exceptionnellement favorable ces derniers mois (cf. ci-dessous l’évolution de l’ETF depuis le début de l’année).

 

graphe-bourse-etf-BWET

Quand le risque se paie au prix fort

En premier lieu, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient obligent les armateurs à trouver d’autres routes, nettement plus longues. Donc plus consommatrices de carburant. Et donc plus coûteuses…

C’est ici un peu le serpent qui se mord la queue. Avec un pétrole qui flambe, la répercussion se traduit par une hausse des coûts. Et donc par davantage d’inflation à venir, alors que ce sont les consommateurs finaux qui risquent – comme souvent – de devoir s’acquitter de la note.

Dans le cas présent, la flambée des risques liés à l’expédition au Moyen-Orient est donc à l’origine de l’envolée des taux de fret. Ce qui se comprend aisément : un risque accru implique une prime de risque plus élevée.

Bloomberg rapportait ainsi que le coût du transport du pétrole à bord de superpétroliers n’a jamais été aussi élevé. Et toutes les routes maritimes sont concernées par la hausse des coûts de fret, que ce soit entre le Golfe d’Omran et l’Asie du Sud-Est ou entre le Moyen-Orient et l’Europe.

En complément du pétrole, il convient donc de garder un œil sur cet ETF en tant qu’indicateur avancé. Notamment pour guetter les éventuelles éclaircies à venir ; espérons-le…

Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu'analyste technique et obtient son diplôme d'Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis). Depuis près de 10 ans, il s'est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d'actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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