L’intelligence artificielle dévore une électricité que le solaire, l’éolien et même le nucléaire peinent à fournir assez vite. Face à cette urgence, Google, Nvidia et Bill Gates misent discrètement sur une source d’énergie propre, stable et disponible en permanence – enfouie sous nos pieds depuis toujours.
Le solaire et l’éolien, c’est formidable…
A condition que votre serveur accepte de faire la sieste de temps en temps.
Alors, pas de surprise : côté IA, les renouvelables ont été une belle déception.
Ce n’est pas le discours à la mode dans certains cercles, mais regardez ce dont les machines ont réellement besoin… Et vous comprendrez de quoi il retourne.
Les data centers dédiés à l’IA tournent 24 heures sur 24. L’inférence – le travail quotidien qui consiste à répondre aux requêtes – représente désormais 80 % à 90 % de la consommation électrique de l’IA, et elle ne s’arrête jamais.
Pas de nuit de repos. Pas de jour sans vent pour souffler. Juste un appétit constant, brutal, permanent, pour l’électricité.
Le solaire fonctionne environ un quart du temps. L’éolien, peut-être un tiers. Le soleil se couche chaque nuit sur votre modèle d’IA, et le réseau ne peut pas combler l’écart – les files d’attente de raccordement en Virginie du Nord, à Phoenix et à Dallas s’étirent désormais sur quatre à sept ans.
« Bon. Il suffit d’ajouter des batteries », dit-on.
Mais même après une chute de 45 % du prix des batteries en une seule année, l’équation économique à l’échelle de la centaine de mégawatts reste – de l’aveu même du secteur – compliquée.
Alors la Big Tech s’est tournée vers autre chose…
Le nucléaire, oui mais… trop lent ?
Microsoft relance Three Mile Island. Amazon injecte des fortunes dans les petits réacteurs modulaires. Propre, stable, disponible en permanence – sur le papier, la réponse parfaite.
J’ai récemment lu un livre intitulé Earth is a Nuclear Planet.
Il m’a convaincu. Le nucléaire, c’est formidable. Mais il y a un problème : ça n’arrive pas assez vite.
Aucun petit réacteur commercial ne tourne encore aux Etats-Unis. Le seul design qui ait obtenu l’aval des régulateurs a subi dépassements de coûts et retards.
Les grands réacteurs demandent cinq à onze ans de construction. Même les petits en réclament quatre à six – et les projets nucléaires américains dépassent leur budget et leur calendrier d’un facteur 2,6 selon l’AIE. Vogtle, le dernier grand chantier en date, a pris une décennie et plus de 30 Mds$.
Construire du nucléaire coûte entre 6 400 $ et 12 700 $ par kilowatt. Le gaz naturel, 3 000 $. Bien sûr, on pourrait toujours construire davantage de centrales au gaz.
Mais là aussi, il y a un os : les fabricants de turbines conseillent aux développeurs de prévoir huit ans à l’avance pour sécuriser leurs équipements.
Les machines ont besoin de puissance maintenant. « Attendez une décennie » n’est pas une réponse.
Ce qui m’amène à la partie dont presque personne ne parle…
L’énergie venue du centre de la Terre
Il existe une énergie renouvelable qui tourne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Disponible plus de 90 % du temps, quel que soit le temps qu’il fait parce qu’elle se moque de savoir si le soleil brille ou si le vent souffle.
Elle est stable. Elle est propre. Et elle alimente déjà des data centers aujourd’hui.
Comment ? En exploitant les endroits où la chaleur la plus profonde de la Terre est assez proche pour mériter qu’on la surnomme l’enfer.
Pendant un siècle, elle est restée cantonnée à quelques coins volcaniques de la carte.
Puis un groupe d’ingénieurs a pris exactement la même technologie de forage qui a déclenché le boom du schiste, et l’a pointée droit vers le bas – libérant cette énergie presque n’importe où sur Terre.
Les chiffres sont importants, et ils grossissent.
De nouvelles estimations suggèrent qu’elle pourrait fournir jusqu’à 25 % de l’électricité américaine d’ici à 2030. Une seule portion de l’Ouest américain contiendrait de quoi alimenter un dixième du pays.
Ce serait le déploiement le plus rapide d’énergie propre et disponible en permanence que le pays ait jamais connu.
Mais LA grande question : est-ce que ça va marcher ?
Eh bien… voici un premier élément de réponse : Washington vient de faire pencher la balance. La loi fiscale de 2025 a supprimé progressivement les crédits d’impôt pour l’éolien et le solaire – et laissé celui-ci intact.
Et, enfin, l’indice le plus révélateur : les mêmes géants de la tech qui se battent pour de l’électricité financent discrètement celle-ci à la place. Google. Nvidia. Bill Gates… Ils voient venir ce qui arrive. Et ils agissent en conséquence.
Nous aurons l’occasion d’en reparler.

