Le krach de l’IA du 5 novembre pourrait marquer un tournant. Derrière la chute des valeurs technologiques, les signaux de tension se multiplient : explosion du coût de l’assurance contre le risque de défaut des géants de l’intelligence artificielle, ventes forcées, recours massif à l’effet de levier et fragilisation de plusieurs marchés internationaux. Faut-il y voir une correction sévère ou les prémices d’un véritable krach ?
La séance du jeudi 5 novembre restera probablement dans les mémoires comme l’une des journées de destruction de valeur boursière les plus spectaculaires de ces dernières années. En quelques heures, les marchés mondiaux ont subi une violente vague de ventes, sans distinction de secteurs ni de catégories d’actifs.
Les chiffres donnent la mesure du choc : près de 6 % de baisse à Tokyo et à Séoul, 6,3 % sur le Nasdaq 100 et environ 4,5 % sur le Russell 2000. Selon Goldman Sachs, cette journée a également été la plus active de l’année sur les marchés.
Au total, plus de 2 300 Mds$ de capitalisation boursière se seraient évaporés sur le Nasdaq 100. En élargissant le périmètre au S&P 500, au Russell 2000 et à l’ensemble du marché américain, la destruction de valeur dépasserait les 3 000 Mds$, soit un montant proche du PIB de l’Italie.
Mais cette correction visible des marchés actions ne constitue peut-être que la partie émergée de l’iceberg.
Krach de l’IA : l’inquiétude gagne désormais le marché obligataire
Au-delà des indices boursiers, un autre signal mérite une attention particulière : la forte hausse des CDS liés aux dettes émises par les grands acteurs de l’intelligence artificielle et les hyperscalers.
Les CDS, ou Credit Default Swaps, représentent le coût de l’assurance contre le risque de défaut d’un émetteur. Leur envolée traduit donc une augmentation de la perception du risque de crédit.
L’enjeu est considérable. Le marché obligataire concerné représente plusieurs milliers de milliards de dollars. Si les investisseurs commencent à douter de la capacité des grands groupes technologiques à honorer leurs engagements financiers, les conséquences pourraient largement dépasser le seul secteur de l’IA.
Un problème de solvabilité chez certains hyperscalers pourrait ainsi se transmettre aux établissements bancaires qui leur ont accordé des financements. C’est précisément ce risque de contagion qui rend la situation particulièrement préoccupante.
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