La hausse des matières premières s’étend désormais bien au‑delà de l’or ou du pétrole. Après les métaux précieux, puis les industriels, un nouveau compartiment attire l’attention : celui des soft commodities, potentiellement en première ligne face à la flambée durable des coûts de l’énergie.
Depuis quelques années, un schéma se met en place, lentement mais sûrement, sur les matières premières, avec une cohérence assez nette.
L’or a d’abord ouvert la voie de la hausse en 2024, avant que l’argent ne prenne le relais à partir de l’été dernier. À l’automne, ce sont ensuite les métaux plus industriels qui se sont retrouvés sous le feu des projecteurs, emmenés par le cuivre (cf. mes analyses de l’époque autour d’Anglo American, par exemple).
Depuis le début de l’année, c’est désormais le pétrole qui s’inscrit dans la tendance haussière : dès janvier avec le Venezuela, puis surtout depuis début mars avec le conflit en Iran. Une situation qui ne cesse d’ailleurs de gagner en intensité cette semaine encore, alors qu’après avoir rejeté la nouvelle proposition iranienne, Donald Trump privilégierait un blocus prolongé et envisagerait même de nouvelles options militaires contre l’Iran.
Source : X/zerohedge
Cette rétrospective ne fait que renforcer le constat posé fin janvier : le cycle haussier des matières premières ne fait que commencer.
Dernièrement, en lien indirect avec la situation géopolitique actuelle, un compartiment retient notre attention (avec Philippe Béchade) : la partie soft de cette classe d’actifs. Autrement dit, toutes les matières premières agricoles comme le riz, le maïs, le blé ou le soja, mais aussi d’autres produits comme le cacao, le café ou le sucre, pour ne citer qu’eux.
Et nous ne sommes pas les seuls à nous y intéresser : lors de plusieurs de mes live récents – encore hier midi, par exemple – on m’a interpellé à propos des cours du blé (cf. ellipses jaunes sur mon screenshot ci‑dessous).
Live La Lettre des Affranchis du mercredi 29/04/2026 Mathieu Lebrun
Source : Publications Agora
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Et il est vrai que la question se pose. Historiquement, toute hausse durable des coûts de l’énergie finit par se répercuter sur les coûts de production. Qu’il s’agisse du carburant nécessaire au fonctionnement des engins agricoles ou au transport (routier ou maritime), des difficultés d’approvisionnement en engrais (évoquées dans certaines publications corporate récentes, comme celle du géant américain Mosaic ; d’autant que la production d’engrais azotés dépend fortement du gaz naturel), ou encore de l’industrie agroalimentaire en bout de chaîne (par exemple via le coût des emballages, lié au plastique et donc indirectement au pétrole), c’est l’ensemble de la chaîne logistique qui est touché.
Matières premières : que disent les marchés ?
D’un point de vue graphique, on retrouve ces signaux haussiers sur certains indices de référence, comme les sous‑indices agricoles du S&P ci‑dessous…
Evolution de l’indice S&P GSCI Agriculture depuis 2010
Source : ProRealTime
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… ou encore sur leur équivalent chez Bloomberg.
Evolution de l’indice Bloomberg agriculture subindex depuis 2017
Source : Bloomberg
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Soit dit en passant, si vous souhaitez suivre ou approfondir l’évolution de la plupart des matières premières, le site Tradingeconomics est très bien conçu (cf. screenshot ci‑dessous). Au‑delà des matières premières « classiques », vous y trouverez également les matières premières industrielles moins accessibles (comme le cobalt, le nickel ou le zinc, par exemple) ainsi que les soft commodities (cf. encadré jaune ci‑dessous).
Evolution des cours sur les soft commodities
Source : Tradingeconomics
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C’est d’ailleurs précisément dans cette liste que nous avons identifié plusieurs points de vigilance pour les mois à venir dans La Lettre des Affranchis…






