Cher lecteur,
L’inflation que nous subissons au quotidien sur nos achats repart à la hausse : elle progresse de 3,7 % sur un an. Et chacun le sait bien, dans la vraie vie, on dépasse déjà largement les 4 %.
Hier, ce sont les prix à la production qui ont été publiés, autrement dit les prix pratiqués par les entreprises à la sortie de leurs usines, avant d’arriver en magasin. Et là, c’est la douche froide. On attendait une hausse de 0,6 % sur le seul mois de septembre, elle est finalement de 1,2 %. Sur un an, ces prix grimpent de 6,2 %. Or, ce qui augmente aujourd’hui chez les producteurs a tendance à se retrouver demain dans les prix payés par les consommateurs.
Une telle nouvelle aurait dû faire l’effet d’un coup de tonnerre sur le marché obligataire, celui des emprunts émis par les États et les entreprises. Normalement, quand l’inflation accélère, les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour prêter leur argent : les taux d’intérêt montent. C’est ce qu’on appelle une « tension » sur les taux.
Or c’est exactement l’inverse qui s’est produit : une forte « détente », c’est-à-dire une baisse des taux. Le rendement de l’emprunt d’État américain à 10 ans, la grande référence mondiale, a nettement reculé. Les taux des emprunts d’État français (les OAT) et italiens (les BTP) ont également baissé. À croire que les chiffres d’inflation étaient sortis exactement à l’opposé de ceux annoncés !
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