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Nasdaq : quand une statistique sur l’emploi fait vaciller tout le reste

Le net recul de l’or et du Nasdaq vendredi s’explique par un seul facteur : la forte hausse des rendements obligataires, provoquée par la publication de chiffres de l’emploi aux États-Unis bien au-dessus des attentes. Mais en y regardant de plus près, une part de ce mouvement pourrait n’être qu’un effet temporaire lié à la Coupe du monde de football. De quoi relativiser la nervosité des marchés…

 

Vendredi après‑midi, l’or et le Nasdaq ont subi de forts dégagements. Pour l’indice technologique, il s’agit même de sa plus nette baisse quotidienne depuis avril 2025, époque où les tarifs douaniers imposés par Donald Trump avaient provoqué un choc similaire. Comme souvent lors de ce type de trou d’air, les commentaires se sont multipliés pour tenter d’en expliquer les ressorts (cf. les analyses diffusées hier matin sur BFM). Mais, en réalité, un seul catalyseur dominait vendredi : les taux. La remontée des rendements obligataires a été déclenchée par les chiffres de l’emploi américain pour le mois de mai, et plus précisément par des créations de postes largement supérieures aux attentes (172 000 contre 88 000 anticipées en moyenne).

En lien direct avec la tension sur l’obligataire US, l’or a lui aussi été fortement sous pression. Une évolution qui, au passage, a parfaitement servi nos deux positions baissières initiées en début de semaine dernière (cf. mes captures ci‑dessous).

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Alerte Agora Trading Lab du 1er juin 2026 (flash vente Nasdaq 100)
Source : Publications Agora

 

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Alerte Agora Trading Lab du 3 juin 2026 (flash vente or)
Source : Publications Agora

 

Après les commentaires de Frédéric Rozier (Mirabaud France), une nuance mérite toutefois d’être apportée. En décortiquant les chiffres publiés vendredi, on s’aperçoit qu’une part significative des créations d’emplois provient du secteur du tourisme, notamment de l’hôtellerie. Et l’effet « Coupe du monde de football », qui débute en fin de semaine aux États‑Unis, n’y est évidemment pas étranger. Autrement dit, il s’agit possiblement d’un phénomène exceptionnel. Ces emplois nouvellement créés risquent donc de ne pas perdurer une fois l’été passé, ce qui pourrait atténuer la pression haussière sur les rendements obligataires après le choc de vendredi.

 

Le pétrole au cœur du mouvement

L’autre grand moteur à surveiller pour le marché obligataire américain reste, encore et toujours, le risque géopolitique. Et là encore, la situation entre Israël et l’Iran n’a guère laissé le temps au marché de souffler. Avant‑hier (dimanche), des échanges de tirs entre les deux pays ont été rapportés, laissant craindre une nouvelle poussée de tension à l’ouverture des marchés – avec, en toile de fond, un pétrole et des rendements obligataires orientés à la hausse. Mais c’était sans compter sur Donald Trump, qui a exhorté Benjamin Netanyahou à ne pas répondre aux tirs iraniens. Une ligne de conduite à laquelle le président israélien se tient pour l’instant.

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Source : X / zerohedge

 

Symptomatique de la rapidité des mouvements depuis vendredi, le pétrole n’a d’ailleurs eu que quelques heures pour progresser hier matin avant de repartir à la baisse dès la mi‑journée, en réaction à la temporisation de Netanyahou. Car, dans le fond, alors que les probabilités d’un resserrement monétaire de la Fed d’ici la fin de l’année ont nettement progressé, l’un des rares leviers dont dispose le président américain consiste à apaiser au plus vite la situation avec l’Iran. Une détente sur le pétrole contribuerait à freiner l’inflation. Et avec la driving season qui approche, une accalmie sur les prix à la pompe serait plus que bienvenue pour satisfaire sa base électorale à l’approche des midterms de novembre.

Mathieu Lebrun

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu'analyste technique et obtient son diplôme d'Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis). Depuis près de 10 ans, il s'est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d'actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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