Les attaques dans le détroit d’Ormuz, les démentis de Téhéran et les calculs politiques de Washington maintiennent le pétrole dans une zone de turbulence. Pour le moment, la forte décrue du baril ramène les cours sur des niveaux techniques clés, tandis que les besoins énergétiques liés à l’IA s’intensifient. Un cocktail qui pourrait bien ouvrir la voie à un rebond, au moins technique, dans les prochaines semaines.
Après leur envolée du mois de mars, les cours du pétrole ont évolué de façon latérale pendant plusieurs semaines à partir d’avril, avant qu’une véritable phase de décrue – plus marquée et plus rapide – ne s’installe depuis le mois de mai.
Certes, le cessez-le-feu toujours en vigueur entre l’Iran et les États-Unis a contribué à apaiser quelque peu l’atmosphère, mais la pression sur le terrain reste bien réelle. Les nouvelles attaques survenues dans le détroit d’Ormuz ce week-end en témoignent.
Si chaque camp parle de simples tirs de représailles, les deux parties ont néanmoins convenu, à l’issue du week-end, d’un nouveau cessez-le-feu. Une rencontre serait d’ailleurs prévue à Doha à partir d’aujourd’hui, selon Reuters.
Donald Trump n’a pas tardé à confirmer l’information hier, en précisant que cette initiative avait été prise « à la demande » de l’Iran – ce que Téhéran s’est empressé de démentir une fois de plus (c’est presque une constante dans les négociations de ces dernières semaines). Difficile de savoir ce qui ressortira de ces discussions, mais l’accord actuel demeure fragile et incertain, tout comme la réalité sur le terrain d’ailleurs.
De plus, concrètement, tous les barils ne réapparaîtront pas d’un coup sur le marché dès le début de l’été. Si Donald Trump garde en tête certaines échéances – notamment le démarrage de la driving season aux États-Unis, avec l’intérêt évident de voir les prix à la pompe refluer avant les élections de mi-mandat de novembre – on peut néanmoins s’interroger sur la capacité des cours à retrouver durablement leurs niveaux d’avant-guerre.
Pétrole : le marché price déjà la détente… mais jusqu’où ?
Sur les marchés, l’anticipation joue déjà à plein : le scénario d’un reflux durable du baril est désormais clairement intégré, comme en témoigne la forte baisse des prix depuis le début du mois.
Graphiquement, les cours reviennent d’ailleurs dans une zone de prix loin d’être anodine. Sur le WTI (pétrole américain), la zone des 65 $/70 $ correspond à la conjonction de plusieurs éléments techniques majeurs : d’abord, le comblement du gap hebdomadaire ouvert début mars, au tout début du conflit avec l’Iran ; ensuite, le retour sur la borne supérieure de l’ancien canal descendant de moyen terme (visible en grisé).
Évolution du cours du WTI depuis fin 2023
Source : ProRealTime
Enfin, du côté des indicateurs techniques, une « amorce de mieux » commence à se dessiner, avec l’apparition de divergences haussières : les indicateurs ne marquent plus de nouveaux plus-bas, contrairement aux cours qui poursuivaient encore leur repli en fin de semaine dernière.
Pour ma part, après avoir sécurisé des gains sur la baisse via des Put TotalEnergies recommandés en début de mois (revendus jeudi dernier, comme l’attestent les deux captures ci-dessous issues du mail et du canal Telegram du service)…
Alerte mail Agora Bourse Pro Elite du 25 juin 2026
Source : Publications Agora
Alerte Telegram Agora Bourse Pro Elite du 25 juin 2026
Source : Publications Agora
… je ne serais pas surpris qu’une réaction haussière – au moins technique – prenne forme à court terme. D’autant qu’au-delà du facteur géopolitique immédiat, on oublie souvent trop vite les besoins énergétiques croissants liés à l’IA. Un soutien moins médiatisé que les tensions au Moyen-Orient, mais qui reste bel et bien présent à moyen terme.




