Alors que le Bitcoin peine à franchir de nouveaux sommets, les cryptomonnaies axées sur l’anonymat reprennent des couleurs. Stimulées par la perspective d’un halving et l’intérêt renouvelé de figures influentes, les privacy coins comme Zcash signent un retour remarqué.
Depuis la fin de l’été, le Bitcoin stagne, consolidant autour du seuil des 100 000 $. Mais toutes les cryptomonnaies ne suivent pas cette trajectoire, en particulier les privacy coins. De quoi s’agit-il ? Ce terme désigne les cryptos intégrant des mécanismes d’anonymisation des transactions. Le mouvement récent, sur lequel je vais revenir, ressemble à une forme de revanche pour ces altcoins longtemps délaissés par le marché.
Avec l’entrée en vigueur de la réglementation MiCA (Markets in Crypto-Assets) en Europe, de nombreuses plateformes d’échange ont dû se plier aux exigences des autorités afin de continuer à proposer leurs services. Pour rester « compliance friendly » – autrement dit conformes aux règles de KYC (Know Your Customer) – elles ont dû radier des cryptos anonymes comme Monero (XMR), Dash (DASH) ou Zcash (ZEC). Résultat : ces actifs ont longtemps sous-performé ou végété ces dernières années.
Il est vrai que certaines contraintes peuvent se justifier, notamment pour limiter les activités illicites telles que les hacks ou le blanchiment d’argent. Contrairement aux cryptos « classiques », dont chaque transaction est inscrite dans la blockchain et donc traçable, les privacy coins brouillent les pistes. Pour l’anecdote, un hacker qui avait utilisé Monero pendant plusieurs années a finalement été identifié cet été… sur une simple transaction en Bitcoin.
Or, c’est précisément cette capacité d’anonymisation (l’une des caractéristiques fortes de la digitalisation des transactions) qui a récemment propulsé ces cryptos, à l’image de Zcash (ZEC) (cf. ellipse jaune sur mon screenshot).
Evolution du cours de Zcash depuis 2017
Source : coinmarketcap.com
Privacy coins : pourquoi cette hausse ?
Cette flambée s’explique par un double facteur.
– Côté offre : la perspective d’un Halving, mécanisme de réduction de l’offre déjà connu sur le Bitcoin ou le Bitcoin Cash (cf. mes écrits de l’an dernier), a joué en faveur de ZEC.
– côté demande : certains acteurs influents de l’écosystème crypto ont mis en avant la valeur de cette monnaie, à commencer par Arthur Hayes (entrepreneur à la tête du family office Maelstrom Fund), qui évoquait même un objectif de 10 000 $ par unité.
Comme je l’ai déjà souligné dans mes précédents articles (notamment autour de Trump en début d’année et plus récemment encore), on peut toutefois s’interroger sur le caractère impartial de cette promotion…
« En raison de la récente hausse des prix, le $ZEC est désormais la deuxième plus grande position liquide du portefeuille MaelstromFund, derrière le $BTC. »
Source : X / Arthur Hayes
Sans parler de délit d’initié, puisque chacun reste libre de suivre ou non ces recommandations, ce phénomène rappelle tout de même certains épisodes célèbres de pump and dump [NDLR : manipulation de marché qui consiste à faire monter artificiellement le prix d’un actif pour ensuite revendre ce même actif au sommet, en laissant les autres investisseurs piégés], comme celui de Roaring Kitty sur l’action Gamestop fin 2020/début 2021.



