Un week-end de négociations irano-américaines qui tourne court, un blocus surprise, puis un revirement à Téhéran : en 48 heures, le contexte géopolitique aura encore donné du fil à retordre aux investisseurs. Pendant ce temps, LVMH, Goldman Sachs et les bancaires américaines publient leurs résultats trimestriels… et leurs copies sont loin de faire l’unanimité.
Le contexte géopolitique reste particulièrement instable. Après l’échec des négociations entre l’Iran et les États‑Unis ce week‑end – discussions organisées par le Pakistan – de nouveaux rebondissements ont eu lieu hier après‑midi, permettant de redresser un début de semaine mal engagé.
Dimanche soir, Washington avait annoncé un blocus des ports iraniens, conséquence directe de l’impasse diplomatique, afin d’empêcher Téhéran de percevoir un droit de passage. Mais l’Iran aurait finalement choisi d’adopter une posture plus conciliante, en se disant prêt, selon le New York Post, à rouvrir les discussions, notamment sur le dossier sensible de l’uranium.
Source : X / zerohedge
Source : X / zerohedge
Cette évolution a contribué à faire refluer l’aversion au risque hier, soutenant mécaniquement les indices boursiers. Ceux‑ci montraient en effet un début de fébrilité alors que s’ouvre, des deux côtés de l’Atlantique, la saison des résultats trimestriels – une saison qui démarrait avec des signaux peu enthousiasmants.
Trimestriels : allons-nous éviter la correction ?
Vendredi, Sodexo avait ainsi subi un sévère trou d’air après un profit warning (cf. encadrés jaunes sur le premier graphique ci‑dessous).
Évolution du cours de l’action Sodexo depuis janvier 2025
Source : Waldata
Alstom avait également été sanctionné, dans une moindre mesure, après un preview publié avant les chiffres attendus le 13 mai, mettant en avant l’impact défavorable des taux de change sur son chiffre d’affaires ; un élément que le marché n’a pas tardé à intégrer (cf. ellipse orange ci‑dessous).
Évolution du cours de l’action Alstom depuis avril 2025
Source : ProRealTime
En ce début de semaine, plusieurs secteurs clés sont attendus au tournant. Avant les publications très suivies d’ASML demain et de Netflix jeudi, le luxe en France et les banques américaines ont ouvert le bal depuis hier. Et malgré l’ambiance globalement haussière, les premières annonces ne m’inspirent pas un enthousiasme débordant.
LVMH, d’abord, restait dans le rouge ce matin après des résultats globalement conformes aux attentes, mais en retrait sur le plan séquentiel. Plusieurs brokers, dont Deutsche Bank et Jefferies, ont d’ailleurs abaissé leurs objectifs de cours. Reste à voir si Kering fera mieux ce soir après la clôture.
Même constat pour Publicis : une croissance trimestrielle « dans les clous » du consensus, mais insuffisante pour susciter l’adhésion du marché dans les premiers échanges.
Outre‑Atlantique, Goldman Sachs a lancé la saison pour les bancaires. Mais là encore, malgré de bons chiffres dans le trading actions et les fusions‑acquisitions, le titre n’a pas réussi à progresser lundi.
Source : X / Alexandre Baradez
En début d’après‑midi, JP Morgan, Citigroup et BlackRock entreront à leur tour dans l’arène. La configuration graphique de Citigroup m’incite à la prudence quant au potentiel immédiat ; le titre semblant davantage buter sur une résistance (cf. structure d’élargissement ci‑dessous).
Évolution du cours de l’action Citigroup depuis juillet 2025
Source : ProRealTime
Pour ma part, je suivrai surtout la publication de BlackRock, et plus particulièrement les commentaires du management sur le segment du crédit privé. Un sujet sur lequel j’aurai l’occasion de revenir dans un prochain article.







