Scott Bessent voulait calmer le marché obligataire. Raté : les taux longs ont continué de grimper. Avec un Brent au-dessus des 100 $, une inflation US très attendue et Donald Trump qui repousse désormais ses promesses sur l’Iran jusqu’aux midterms, les marchés commencent surtout à comprendre une chose : les déclarations rassurantes ne suffisent plus…
Dans la lignée de mes écrits de début de mois, et après son allocution de la mi-août, Scott Bessent était attendu au tournant, hier, sur les tensions du marché obligataire.
Il faut dire que le contexte a de quoi mettre les nerfs du marché à rude épreuve.
Hier, le Brent a franchi la barre des 100 $. Vendredi, les derniers chiffres de l’emploi américain pour août sont ressortis nettement au-dessus des attentes. Et, à moins de 48 heures des chiffres de l’inflation américaine (PPI cet après-midi, puis CPI demain), le marché avait déjà les yeux rivés sur la prochaine échéance : le verdict de la Fed, attendu mercredi prochain.
Autant dire que, dans ce climat sous haute tension, les investisseurs attendaient fébrilement la prise de parole du patron du Trésor américain.
Le 19 août dernier, Scott Bessent avait indiqué que le Trésor doublerait au moins ses achats d’obligations longues (au-delà du 10 ans) à partir du 9 septembre, et ce jusqu’à la mi-novembre. Joignant les paroles aux actes, le seuil d’au moins 4 Mds$ va donc être dépassé dès aujourd’hui, pour porter les rachats à 6 Mds$ par opération.
Une bonne chose ? Sur le papier, oui. Mais, visiblement, cela n’a pas suffi au marché pour se détendre, malgré le triplement des rachats d’obligations à long terme. Traduction : le marché en attendait davantage. Certains économistes escomptaient visiblement un montant compris entre 8 Mds$ et 10 Mds$ (source : Financial Times).
Le marché obligataire dit « non » à Bessent
La réaction des marchés a ainsi été différente de celle du 19 août, lors de la précédente allocution de Scott Bessent.
En effet, le mois dernier, les rendements avaient, dans un premier temps, réagi favorablement et s’étaient assez logiquement détendus.
Hier, au contraire, les taux longs ont poursuivi leur ascension sans attendre. Le 10 ans américain a ainsi brièvement dépassé les 4,85 % dans la foulée de ces annonces, tandis que le 30 ans US franchissait, lui, la barre des 5,30 %.

En clair, le marché a répondu par un « non » sans ambiguïté à la volonté de l’administration américaine de reprendre la main sur le marché obligataire en tentant de « manipuler » les taux longs.
Ce contexte entretient un environnement toujours relativement anxiogène, notamment dans l’Hexagone puisque, concomitamment, le rendement de nos OAT poussait hier au-delà des 4,30 %…

… tandis que le spread avec le Bund allemand évoluait sur des sommets.
Trump : promesses repoussées, pétrole sous tension
Pour revenir à la situation américaine, j’ai souri en voyant que, dans le même temps, Donald Trump rouvrait les discussions avec Vladimir Poutine, cette fois sur le front russo-ukrainien.
Presque pathétique, à mes yeux. Car cela ressemble surtout à un aveu d’échec – au moins sur le calendrier promis – au Moyen-Orient face à l’Iran.
Petit rappel : en mars dernier, le conflit avec Téhéran devait durer quatre à six semaines… Peut-être Donald Trump a-t-il simplement confondu semaines et mois. Car le voilà désormais qui promet, de ses propres mots, que la guerre avec l’Iran prendra fin « immédiatement » après les midterms – et que les cours du pétrole reflueront rapidement dans la foulée.
Tout en admettant, dans le même temps, qu’un reflux préalable des cours du pétrole devenait selon lui moins probable. Aveu d’échec s’il en était…


ÇA va envoyer du LOURD,très bientôt!Un cygne noir pour parachever tout ce M…..R 💥?