Profitant de la hausse vertigineuse des cours de l’or cette année, les minières ont été plébiscitées par les investisseurs. Si certaines d’entre elles ont connu des progressions historiques, Barrick Mining, pourtant bien connue des marchés, peine encore à suivre le rythme. Mais un franc rattrapage pourrait suivre très prochainement…
Malgré un repli de 8 % depuis ses plus-hauts du mois dernier, le cours de l’or s’octroie une progression fulgurante de 54 % depuis le 1er janvier. Même les contempteurs de la « relique barbare » ne peuvent ignorer que le métal jaune fait mieux que les plus grands indices boursiers (+12,5 % pour le S&P 500, 15,56 % pour le Nasdaq, et 13,5% pour l’Euro Stoxx 50).
Evolution depuis le 1er janvier 2025 du prix de l’or, en dollar par once, comparée à celle du Nasdaq 100 (en vert), du S&P 500 (en bleu), et de l’Euro Stoxx 50 (en orange).
Infographie : TradingView
Si l’or a parfaitement joué son rôle de valeur refuge dans un contexte géopolitique et économique incertain, nombre d’investisseurs sont allés plus loin en achetant non seulement pièces, ETF, lingots et autres produits liés au prix de l’or physique ; mais aussi des actions de valeurs minières.
Ces entreprises se sont en effet retrouvées dans un alignement parfait des planètes : faible inflation (qui modère les salaires), baisse des prix de l’énergie (qui reste un poste de dépense colossal dans le processus d’extraction), et prix record du produit vendu. Fort naturellement, la valeur boursière des petits et grands acteurs du secteur s’est envolée avec une progression moyenne de 130 % depuis le début d’année.
Cet enthousiasme généralisé n’a pourtant pas profité à la Barrick Mining Corporation (ex-Barrick Gold), qui reste à la traîne par rapport à ses concurrents. Plombée par des problèmes structurels et de graves difficultés au Mali, son action ne progresse que de 75 % depuis la pandémie, contre +170 % pour Agnico-Eagle (NYSE:AEM) et +258 % pour Kinross Gold (NYSE:KGC). Le titre fait même moins bien que le prix de l’or physique, qui gagne +117 % sur cinq ans.
Sur cinq ans, l’action Barrick Mining (TSE:ABX) est largement moins performante que Kinross Gold (en vert), Agnico-Eagle (en orange) ou même le prix comptant du métal jaune (en bleu).
Infographie : TradingView
Pourtant, le groupe ne manque pas d’atouts. Signe que la sous-performance pourrait toucher à sa fin, le fonds activiste Elliott Management a pris une participation majeure dans la minière. Selon le Financial Times, il aurait mis près de 700 M$ sur la table, et ferait désormais partie des dix plus grands actionnaires de Barrick Mining.
Pour les investisseurs qui évitaient jusqu’ici ce dossier, il est vrai sulfureux, l’opération capitalistique pourrait être l’occasion d’ouvrir une position haussière pour jouer un rattrapage de Barrick Mining sur le reste du secteur.
Barrick Mining arrivé au bout de sa série noire ?
Le moins que l’on puisse dire est que les derniers exercices n’ont pas été favorables au groupe canadien.
Depuis la pandémie, ses coûts de production ont augmenté plus rapidement que ceux de ses concurrents, ce qui a neutralisé l’effet bénéfique de la hausse du prix du métal jaune sur les marchés.
Après le coup d’Etat au Mali en 2020, le groupe a pris la décision de refuser de verser à la junte militaire au pouvoir des « arriérés d’impôts ». Le pari n’a pas été couronné de succès, et Barrick Mining a perdu le rapport de force. Après quelques mois de tractations tendues, les autorités interdisaient au groupe d’exporter son or et ont pris le contrôle de ce qui était l’une de ses plus grandes mines.
Echaudé par l’aventure, il se murmure que le groupe envisageait de tirer un trait sur la totalité de ses activités en Asie et en Afrique pour se recentrer dans son pré carré d’Amérique du Nord – une opération présentée comme une manière d’augmenter la rentabilité moyenne de l’activité, mais qui sonne surtout comme une véritable débandade.
Le clou du spectacle a sans nul doute été le départ inattendu du Directeur général Mark Bristow à la fin de l’été, suite à la perte de confiance du conseil d’administration au vu de la piètre performance boursière et des décisions prises dans le dossier malien. Barrick Mining perdant son capitaine en plein marché haussier historique, les investisseurs avaient de quoi douter de sa capacité à mener une stratégie volontariste – et les capitaux se sont fort naturellement tenus à l’écart du dossier.
Mais la situation commence à se stabiliser. Le Directeur général intérimaire Mark Hill, nommé en urgence, ne s’est pas contenté de gérer les affaires courantes : il a mis en place un véritable plan de restructuration du groupe. Déjà, le management a été remanié et Mark Hill a promis une « évolution du modèle opérationnel ».
Elliott vise un retour à la normale
Si le fonds activiste Elliott Management est entré de manière si importante au capital de Barrick Mining, c’est par anticipation d’une normalisation de la situation.
Au dernier trimestre, la production d’or s’est établie en hausse de 4 % sur trois mois, à 829 000 onces. La génération de cash-flow a atteint un niveau record de 2,4 Mds$, en hausse de 82 % par rapport au trimestre précédent.
Le groupe a fait état d’un résultat net de 76 centimes par titre, et a accéléré les rachats d’actions pour atteindre le milliard de dollars depuis le 1er janvier. Au vu de la confortable génération de trésorerie, le plan de rachat a même été prolongé et est désormais doté d’une enveloppe de 1,5 Md$.
Au 31 décembre 2024, Barrick Mining estimait ses réserves probables à 89 millions d’onces d’or et 18 millions de tonnes de cuivre. Selon son communiqué du mois de septembre 2025, les études préliminaires sur le site de Fourmile (Nevada) confirment que la zone est la « plus grande découverte de gisement du siècle » avec un potentiel d’extraction de 600 000 à 750 000 onces par an durant 25 ans.
Avec un cours de Bourse de moins de 13 fois les bénéfices sur le dernier trimestre, et une visibilité de plusieurs décennies sur l’activité, il ne manque plus qu’une accalmie de la situation à la tête du groupe pour que le titre rejoigne le niveau de valorisation de ses pairs.
Le pari est certes risqué, surtout en cas de correction plus importante sur le prix du métal jaune. Mais le jeu en vaut la chandelle, avec un potentiel de hausse significatif de l’action pour rejoindre la trajectoire des acteurs qui ont moins joué de malchance ces dernières années. La valorisation de Barrick Mining pourrait alors augmenter de plusieurs dizaines de pourcents en quelques mois.




Bonjour Monsieur Henri,
Chez mon opérateur Bourse Direct il y a quatre Barrik Mining (US, German, SWS, UK) ,
vous citez une seul fois le suisse ABX, j’en déduis que c’est celui-ci qu’il faut trader ?
Bien à vous
AL