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Bitcoin & cryptomonnaies

Bitcoin : les requins sont à table !

By 1 octobre 2025No Comments

Qui détient vraiment le Bitcoin aujourd’hui ? En suivant les mouvements des « crevettes », « crabes », « requins » et « baleines », on découvre une redistribution silencieuse mais puissante. Ce changement pourrait bien redéfinir les dynamiques du marché pour les années à venir.

 

Si vous vous intéressez au Bitcoin depuis un moment, vous connaissez probablement la multitude de métaphores marines qui circulent.

Les petits détenteurs (qui ne détiennent que des fragments de Bitcoin) sont appelés des « shrimps » (crevettes).

Ceux qui détiennent quelques jetons sont des « crabs » (crabes). Les investisseurs de taille moyenne sont des « fish » (poissons). Les gros porteurs sont des « sharks » (requins).

Et les gigantesques investisseurs détenant des milliers de jetons sont les célèbres « whales » (baleines) et « humpbacks » (baleines à bosse).

 

Shrimp/Crevettes                              (<1 BTC)

Crabs/Crabes                                     (1-10 BTC)

Fish/Poissons                                    (10-100 BTC)

Sharks/Requins                                 (100-1 000 BTC)

Whales/Baleines                               (1 000-10 000 BTC)

Humpbacks/Baleines à bosse           (>10 000 BTC)

 

Vous trouvez peut-être que c’est idiot… mais en pistant ces « créatures marines » on identifie réellement qui détient des Bitcoins, comment la situation a évolué, et ce que cela signifie à présent.

Là où les États sont soumis au taux de natalité, le Bitcoin est soumis aux détenteurs du plus grand nombre de clés.

Et ce simple indicateur me révèle pourquoi le Bitcoin explose parfois à la hausse… pourquoi il s’effondre parfois du jour au lendemain, et pourquoi, en ce moment, il présente un biais haussier.

Alors creusons un peu.

 

L’ère des whales : jusqu’en 2017

Au tout début du Bitcoin, les whales et les humpbacks dominaient. La plupart étaient des précurseurs du minage ou des pionniers ayant raflé des milliers de jetons quand ils étaient bon marché.

En 2016, les whales contrôlaient près de la moitié de tous les Bitcoins existants.

Ensuite, quand le rally de 2017 a fait flamber le cours à 20 000 $, ces whales ont vendu, les gains qu’ils avaient réalisés ayant transformé leur vie. Et cette énorme distribution de l’élite des détenteurs vers le marché dans son ensemble a ouvert la voie au krach de 2018.

Elle a également marqué un tournant : pour la première fois, les petits investisseurs ont commencé à détenir une part importante du Bitcoin.

 

Les petits investisseurs s’enracinent : 2018-2020

Après le marché baissier de 2018, on aurait pu penser que les petits détenteurs allaient jeter l’éponge. Eh bien non.

Les shrimps (ceux qui détiennent moins de 1 BTC) et les crabs (1-10 BTC) ont continué à acheter discrètement. Mois après mois, ils ont accumulé des jetons dans leurs portefeuilles.

En fait, depuis les débuts du Bitcoin, les shrimps n’ont connu que quelques mois au cours desquels leurs avoirs ont baissé.

Dès 2020, alors même que les whales contrôlaient encore un tiers de l’offre, le socle de petits investisseurs progressait régulièrement.

Cette culture consistant à amasser des Satoshis (unité de compte du Bitcoin), en achetant un petit peu, régulièrement, et en conservant, était déjà en train de redéfinir la cartographie des détenteurs de Bitcoin.

 

La vague institutionnelle : 2020–2021

Le krach du COVID, en mars 2020, a également marqué un tournant. Les grands investisseurs ont été effrayés mais, peu de temps après, les institutions ont commencé à arriver en masse.

MicroStrategy a commencé à acheter des dizaines de milliers de jetons. Tesla a acheté 43 000 BTC. Le Bitcoin Trust, de Grayscale, en a amassé plus de 600 000.

Pour la première fois depuis des années, les whales – en tant que groupe – ont augmenté leurs avoirs. Mais cette fois, il ne s’agissait pas que d’une poignée de précurseurs mais de stratégies de trésorerie d’entreprises et de produits d’investissement. Ces jetons n’étaient pas sur des plateformes d’échange, prêts à être vendus, mais bloqués dans des avoirs à long terme.

Dans le même temps, les petits investisseurs ont continué à acheter, eux aussi.

Les shrimps et les crabs n’ont pas ralenti le rythme. Ils ont continué à amasser au beau milieu de cette frénésie, et alors même que le Bitcoin s’envolait vers des plus hauts historiques.

 

La purge : 2022

Et puis l’effondrement s’est produit. Terra, Celsius, Three Arrows Capital, FTX : 2022 fut une année de ventes forcées et de faillites.

Les whales se sont débarrassées d’énormes quantités de Bitcoins pour couvrir leurs pertes. Les plateformes d’échange ont subi une véritable hémorragie de cryptomonnaies, les clients retirant massivement leurs fonds.

Mais quelque chose de remarquable s’est produit : les petits investisseurs sont entrés en jeu.

Les shrimps et les crabs ont acheté plus de Bitcoins fin 2022 que jamais auparavant.

Au cours du seul mois suivant l’effondrement de FTX, les shrimps ont accumulé 92 000 BTC dans leurs portefeuilles. Les crabs en ont acheté 130 000.

Les petits investisseurs n’avaient jamais accumulé autant de Bitcoins historiquement.

 

La vague des ETF : 2023–2025

Dès 2023, les cendres étaient retombées. Les soldes des plateformes d’échange ont atteint des plus-bas historiques, dans un contexte où un plus grand nombre de détenteurs ont assuré eux-mêmes la garde de leurs jetons.

Dans le même temps, les rumeurs d’ETF du Bitcoin se sont transformées en demandes d’autorisation concrètes.

Tout au long de l’année 2024, l’anticipation de ces autorisations a stimulé un nouveau rally.

Au cours de cette période, tous les groupes, SAUF les plus grandes whales, ont acheté.

Shrimps, crabs, fish, sharks ont tous été des accumulateurs nets. Seuls les humpbacks (méga détenteurs possédant plus de 10 000 BTC, surtout des plateformes d’échange et des dépositaires) ont vendu.

Quand les ETF ont été lancés, ils n’ont pas concentré les jetons dans quelques portefeuilles. Les dépositaires ont réparti leurs avoirs sur des centaines d’adresses, quelque chose de semblable à la fourchette des sharks (100-1 000 BTC).

Sur la blockchain, on aurait dit que les détenteurs intermédiaires bondissaient. En réalité, c’étaient des millions de petits investisseurs qui achetaient des parts d’ETF.

Quand le Bitcoin a franchi la barre des 120 000 $, les whales et les humpbacks ont encaissé des gains, en vendant à la hausse. Mais les shrimps et les crabs ne vendaient toujours pas.

Les petits investisseurs continuaient d’absorber l’offre.

 

Les sharks : les nouveaux maîtres du Bitcoin

Les sharks forment désormais la classe moyenne majoritaire du marché, détenant environ 25 % de l’offre – plus que tout autre groupe.

Les whales et les humpbacks, quant à eux, représentent 35 %, soit 20 % de moins qu’il y a cinq ans.

Considérez les choses ainsi :

  • en 2017, le Bitcoin était un océan grouillant de whales ;
  • en 2020, les whales ont opéré un comeback grâce aux stratégies de trésorerie [fondées sur les cryptomonnaies] des entreprises ;
  • en 2022, les whales ont vendu et les petits investisseurs ont amassé ;
  • en 2024-2025, les sharks ont pris le contrôle.

L’écosystème n’est plus déséquilibré. Il est rempli de hordes de détenteurs possédant entre 100 et 1 000 BTC. Ils sont nombreux, professionnels et disciplinés. Ils ne vont pas provoquer un effondrement du marché en une seule transaction mais ils donnent le ton, collectivement.

Ce changement a de l’importance.

Il signifie que les avoirs en Bitcoins sont de plus en plus distribués, au fil du temps.

Les fish contrôlent un cinquième du Bitcoin. Si vous les ajoutez aux sharks, cette part pourrait grimper à 60 % au cours des deux années à venir. C’est un revirement total, par rapport à la domination des whales depuis 2017.

Les fish et les sharks ont tendance à privilégier le self-custody (assurer soi-même la garde des jetons) et les custodians (dépositaires), au détriment des plateformes d’échange.

Cela se remarque déjà : en ce moment, les soldes des plateformes d’échange atteignent des plus-bas sur plusieurs années.

Et donc, le Bitcoin est plus difficile à pirater, et son offre est plus restreinte.

Et dans un contexte où moins de Bitcoins se trouvent sur les plateformes d’échange, de petites vagues de nouvelles demandes pourraient à elles seules faire grimper son cours.

En résumé…

Le Bitcoin, en cette fin 2025, brille par sa solidité et la diversité de ses détenteurs. Deux facteurs haussiers à eux seuls.

Mais attendez de voir ce qui couve du côté de l’Ethereum…

Chris Campbell

Chris Campbell est constamment à la recherche de moyens pour vous aider à vivre une vie plus libre, plus saine, plus riche et plus épanouissante. Ses recherches l'ont conduit dans plus de 30 pays. Il a été à la pointe du Bitcoin, du tourisme médical, de la décentralisation, des villes autonomes, de la biotechnologie et de bien d'autres choses encore. Chris est l’analyste principal du service Cryptos Incubator de James Altucher, dans lequel il aide les abonnés à naviguer dans l’univers des cryptomonnaies. Vous pourrez également retrouver ses analyses dans la lettre Les Investissements d’Altucher.

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