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Inditex : la fast fashion se porte bien

By 15 décembre 2025One Comment

Malgré les polémiques et les appels à la régulation, la fast fashion continue de séduire. Inditex, géant espagnol du prêt-à-porter, vient de publier des chiffres en forte hausse qui prouvent que son business model reste solide, même sous la pression des acteurs ultra low-cost.

 

Le débat enflammé qui a accompagné l’ouverture des premières boutiques de la plateforme Shein dans les magasins BHV a ravivé la polémique autour de la fast fashion.

Depuis vingt ans, la baisse drastique du prix du textile, l’émergence de nouveaux canaux d’acquisition et l’accélération du renouvellement des gammes a rendu notre pays schizophrène.

D’un côté, la sphère médiatique et nos dirigeants déplorent haut et fort ce nouveau marché, symbole d’une préférence de la quantité sur la qualité. Les citoyens, dans le même temps, se font volontiers pourfendeurs de cette évolution sociétale : selon une étude de l’Ipsos, sept Français sur dix étaient favorables à des mesures « pour freiner l’expansion » de Shein et consorts au mois de novembre.

Mais les actes sont bien différents des paroles. Selon un autre sondage relayé par le Point, « 70 % des Français déclarent acheter régulièrement des vêtements de fast fashion, avec des pointes à 78 % chez les femmes et à 88 % chez les 18-35 ans ». Plus impressionnant encore, « 100 % des Français [sondés] déclarent avoir acheté l’une des marques considérées comme de la fast fashion dans les douze derniers mois ».

La réalité est donc que, malgré les grandes déclarations, l’offre de fast fashion correspond bien à une demande forte du marché. Et si, fidèle à ses habitudes conservatrices, la France risque fort de légiférer pour empêcher producteurs et consommateurs de se rencontrer, la dynamique va rester solide dans le reste du monde.

Shein, qui fait les gros titres, n’est pas une entreprise cotée en Bourse. Mais nous avons, en Europe, un acteur dont la bonne santé ne se dément pas. L’espagnol Inditex, propriétaire de la marque Zara, est l’un des plus grands vendeurs de prêt-à-porter au monde. L’Industria de Diseño Textil dispose d’un réseau de plus de 5 500 boutiques dans 97 pays, et génère un chiffre d’affaires de plus de 40 Mds$ par an (plus de trois fois le chiffre d’affaires total du groupe Renault).

Autrefois décrié pour avoir démocratisé la fast fashion en poussant à un renouvellement rapide des gammes dans ses magasins, Inditex fait désormais profil bas. La polémique autour des nouveaux acteurs du secteur, qui de par leur activité en ligne et leur provenance chinoise heurtent de plein fouet les traditions du secteur de la mode, vient lui apporter par contraste un vernis de respectabilité.

Alors que les critiques se focalisent aujourd’hui sur l’ultra fast fashion, Inditex cultive la différence en ouvrant des boutiques reprenant les codes de l’habillement à l’ancienne.

 

Inditex_Zara_Barcelone_151225 

La nouvelle boutique Zara de Barcelone, inaugurée en novembre, s’éloigne de l’image grand public de la marque pour adopter l’ambiance des boutiques de luxe.

Photo : Inditex

 

En surface, le groupe insiste sur la différence flagrante de positionnement avec ses concurrents chinois. Ses nouvelles boutiques ne sont plus pensées pour être des points de vente efficaces et anonymes dans des centres commerciaux bondés, mais des espaces où le consommateur pourra profiter de l’expérience d’achat.

Depuis l’an dernier, la marque Zara a également multiplié les sorties de collections dont les prix s’écartent fortement des produits d’appel qui ont fait son succès. Les hauts peuvent désormais atteindre les 30 €, les jeans près de 50 €, et certaines robes sont affichées à plus de 400 €.

Mais en réalité, le groupe reste une machine de guerre dont le succès est dû à des volumes de vente toujours plus importants. Les derniers chiffres le confirment : Inditex profite à plein de l’engouement des consommateurs mondiaux pour la mode à petit prix.

 

Inditex : l’Européen qui tient tête à la concurrence chinoise

Le groupe d’habillement a dévoilé il y a quelques jours ses chiffres pour les neuf premiers mois de l’année, et ils font mentir les Cassandre de la fin du modèle européen.

Entre janvier et fin septembre, les ventes ont augmenté de 2,7 % par rapport à la même période l’an passé. Le chiffre, déjà très satisfaisant, aurait été encore plus impressionnant si le dollar ne s’était pas effondré au printemps : corrigé des effets de devises, la hausse de l’activité commerciale s’établit à 6,2 %.

La performance est tout aussi bonne sur le plan financier. Grâce à un contrôle drastique des coûts, les dépenses n’ont progressé que de 2,4 % dans le même temps. Cela a permis d’augmenter l’EBITDA de 4,2 % sur neuf mois, à 8,3 Mds€.

Mieux encore, les résultats ont progressé encore plus vite durant le troisième trimestre, signe que la situation va en s’améliorant. Sur les trois derniers mois, l’EBITDA s’est établi en hausse de 8,9 % sur un an, tandis que le bénéfice a progressé de 9 %. Il atteint désormais 1,8 Md€ sur trois mois, tandis que la dette a été réduite de plus de 550 M€ sur douze mois.

La fin d’année devrait être tout aussi dynamique. Porté par l’augmentation du nombre de boutiques (en croissance dans 39 pays) et le bon accueil réservé par les clients à la collection d’hiver, Inditex a d’ores et déjà annoncé que ses ventes durant le mois de novembre étaient 10,6 % supérieures à celles enregistrées en novembre 2024.

La Bourse ne s’y est pas trompée, et le titre est revenu sur ses plus-hauts historiques à l’annonce de ces excellents résultats.

 

Inditex_cours_151225

 

L’action Inditex, qui avait perdu jusqu’à -28 % entre janvier et août 2025, retrouve sa trajectoire de hausse.

Infographie : TradingView

 

Avec une capitalisation boursière qui a franchi les 173 Mds€, le titre ne fait clairement pas partie des valeurs européennes décotées. Payer 24 fois les bénéfices annualisés peut sembler cher pour un secteur où la concurrence est rude… mais la résilience du groupe n’est plus à prouver : si le secteur de l’habillement européen doit résister face à la concurrence chinoise, ce sera sans nul doute grâce à Inditex.

Etienne Henri

Etienne Henri est titulaire d'un diplôme d'Ingénieur des Mines. Il débute sa carrière dans la recherche et développement pour l'industrie pétrolière, puis l'électronique grand public. Aujourd'hui dirigeant d'entreprise dans le secteur high-tech, il analyse de l'intérieur les opportunités d'investissement offertes par les entreprises innovantes et les grandes tendances du marché des nouvelles technologies.

1 commentaire

  • Avatar Chris dit :

    Hum, si je ne m’abuse, Inditex (Zara) fabrique énormément (à quelle hauteur précisément ?) en Asie (Chine compris) et dans les pays du sud, non ?
    Résistance du secteur de l’habillement « européen » ?

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