Le Nasdaq s’envole comme si rien ne pouvait l’arrêter, piégeant les vendeurs à découvert sans même attendre ses catalyseurs traditionnels. De Allbirds à l’IA en passant par le crédit privé, le marché semble pris dans une mécanique haussière où chaque étincelle suffit à alimenter un rally d’une intensité rare.
Onze séances de hausse consécutives ! Et peut‑être même douze cet après‑midi si l’on en croit la nouvelle orientation positive des futures américains. C’est la séquence haussière en cours sur l’indice technologique (cf. rectangle jaune sur le graphique journalier ci-dessous).
Évolution du Nasdaq depuis septembre 2025
Source : ProRealTime
Je ne me suis pas replongé dans mes statistiques historiques, mais la dixième séance de hausse consécutive enregistrée mardi constituait déjà un record inédit depuis 2021. Autant dire qu’il faut probablement remonter au minimum à la période Covid en 2020 pour retrouver une telle série. Voire bien avant.
Le moteur principal du mouvement reste la détente géopolitique. Si des discussions ont été engagées entre Israël et le Liban, c’est surtout la perspective d’une prolongation de deux semaines de la trêve entre l’Iran et les États‑Unis qui séduit les opérateurs.
Source : X / zerohedge
Ce climat va dans le sens de l’apaisement qui commençait à émerger entre lundi après‑midi et mardi matin (cf. mes précédents écrits). Pour autant, la composition du mouvement m’interpelle. Certains « éléments » qui auraient pu valider la hausse ne sont tout simplement pas au rendez‑vous.
Nasdaq : un rally qui interroge
À commencer par le compartiment obligataire américain : les cours du TNote continuent de buter sous une zone de résistance clé (cf. rectangle bleuté sur les contrats ci‑dessous).
Évolution du TNote depuis juillet 2025
Source : ProRealTime
Même constat du côté du Bitcoin, qui semble pourtant proche d’un short squeeze potentiel en cas de franchissement de sa double résistance – horizontale (rectangle bleuté) et oblique (borne haute du canal descendant journalier en pointillés noirs).
Évolution du cours du Bitcoin en dollars depuis août 2025
Source : ProRealTime
Un breakout qui aurait pu soutenir des valeurs du Nasdaq comme Strategy ou Coinbase. Mais que ce soit sur les obligations US ou sur le Bitcoin… rien. Le Nasdaq n’attend en réalité aucun relais pour « squeezer » les vendeurs à découvert et enchaîner un rally haussier d’une rapidité impressionnante.
Du jamais vu sur Allbirds
Symptomatique de cette dynamique : regardez Allbirds. Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Moi non plus… avant hier. En effet, le 15 avril, le titre a connu un rachat de short digne de GameStop en 2024 : près de +600 % en une seule séance, après que la société a opportunément annoncé un virage stratégique… des chaussures vers l’IA.
Évolution du cours de l’action Allbirds depuis 2025
Source : ProRealTime
Autre facteur alimentant l’humeur risk‑on : l’accalmie perçue sur le risque lié au crédit privé. Je vous en parle depuis février. Et même si des interrogations subsistent (cf. screenshot ci‑dessous), plusieurs géants financiers se sont voulus rassurants lors de leurs publications trimestrielles.
Source : X / Alain Pitous
BlackRock, Bank of America, mais aussi Brookfield Asset Management ou encore Ares Management sont allés dans ce sens.
Mais c’est surtout la confiance affichée par Pimco envers Blue Owl – l’un des récents « maillons faibles » du secteur – qui a marqué les esprits. Le géant obligataire a en effet racheté l’intégralité des 400 M$ de la dernière émission obligataire de Blue Owl. Certes, chacun prêche pour sa paroisse. Mais l’impact sur le marché ces derniers jours a été indéniable.
Et maintenant ? Après les résultats de Netflix ce soir, nous entrerons dans une séance clé : celle des quatre sorcières (expiration trimestrielle). Comme toujours, elle sera à suivre de près. J’aurais même tendance à dire de très près, compte tenu de la vitesse de la remontada observée sur le Nasdaq depuis la fin mars.







