Les Etats-Unis sont-ils à l’aube d’un nouveau boom industriel ? C’est en tout cas l’idée que nos experts américains ont défendue lors de la conférence Paradigm Shift. Selon eux, la « Rust Belt », autrefois synonyme de crise et de fin de cycle, va bientôt retrouver ses lettres de noblesse… grâce à la robotique moderne !
En 1957, lorsque huit ingénieurs ont quitté la société Shockley Labs, personne n’imaginait que ce serait un évènement important.
Après tout… ils se rebellaient contre leur patron, William Shockley – un Prix Nobel de physique (co-inventeur du transistor) – devenu imprévisible, paranoïaque, et qui voulait tout contrôler.
Shockley les a surnommés les « Huit Traîtres », à l’époque.
Mais voilà…
Non seulement leur pari consistant à défier l’ordre établi a fonctionné… mais il a également lancé l’écosystème culturel et industriel de la Silicon Valley.
Ces rebelles ont créé Fairchild Semiconductor et, au cours des dix années suivantes, fait naître plus de 30 entreprises qui ont été scindées plus tard, dont Intel, National Semiconductor et AMD.
Des usines ont été bâties. Des capitaux ont été investis. Et le monde a changé.
Notre confrère Ray Blanco constate aujourd’hui ce même état d’esprit, dans les usines du Tennessee et du Texas.
Au cours de son intervention, à la conférence Paradigm Shift de Nashville, il a parlé de quelque chose qui rappelle Fairchild, aujourd’hui, aux Etats-Unis.
De l’encre, de l’acier, des robots, et une deuxième chance
Dans la lumière tamisée d’une usine du Tennessee, un bras robotisé accomplit un cycle de travail de 20 heures : il soude, trie, assemble.
Pas de pause cigarette ou déjeuner. Pas de turnover du personnel.
Et il ne s’agit pas d’une vague évocation de l’avenir.
Cela existe déjà. Et cela se passe à l’usine Sharpie de Maryville, dans le Tennessee (à trois heures de voiture environ de Nashville).
« La production a été rapatriée de Chine », a souligné Ray, « et ils fabriquent des marqueurs quatre fois plus vite qu’avant. Il n’y a plus de raisons de fabriquer des marqueurs Sharpie en dehors des Etats-Unis ».
Il n’exagère pas.
Observez ce gros titre du Wall Street Journal, il y a quelques semaines.
« Sharpie a trouvé un moyen plus économique de fabriquer des feutres – en les produisant sur le sol américain. Newell Brands a déplacé sa production sans réduire ses effectifs ni augmenter ses prix. »
Source : Wall Street Journal
Depuis 2018, la société mère de Sharpie, Newell Brands, a investi près de 2 Mds$ dans cette usine automatisée, en reformant 550 travailleurs locaux, en reconcevant intégralement des lignes de production, et en construisant ce que l’un des dirigeants a qualifié d’« usine presque entièrement automatisée capable de fonctionner pendant un ouragan ».
Les résultats sont impressionnants :
- 500 millions de feutres produits chaque année ;
- les salaires ont progressé de 50 % en moyenne ;
- presque tous les composants sont produits sur le site, à l’exception des pointes des feutres, toujours importées du Japon.
Et, en réalité… On vit une nouvelle version de ce qui s’est passé à l’époque avec Fairchild.
Pendant la session de Ray, un sujet n’a cessé de résonner dans la salle.
Le prochain boom de l’Amérique ne viendra pas des salles de conférence de la Silicon Valley, ni de Chine, mais surgira des usines du Tennessee, du Texas, et de l’Ohio.
Comme ces huit ingénieurs, en 1957, qui ont quitté Shockley Labs pour déclencher la révolution des semi-conducteurs.
Il y a une nouvelle version des « Huit Traîtres ».
Cette fois, il ne s’agit pas d’un combat mené dans un laboratoire californien, mais de l’idée que l’avenir DOIT se créer différemment, et en priorité sur le sol américain.
Automatisation, assistance par l’IA, sécurité énergétique : la « Rust Belt » va mettre fin à l’idéologie de la mondialisation qui a prévalu pendant 40 ans.
Elle alimentera la prochaine ère industrielle de l’Amérique, construite par des mains locales, alimentée en énergie locale, et évoluant grâce à l’IA.
Carte de la Rust Belt.
Source : Encyclopaedia Britannica
L’agriculture, invité surprise de la naissance de la « Robot Belt »
« La Rust Belt devient la Robot Belt », a-t-il déclaré. « L’Ohio. Le Texas. La Caroline du Nord. Le Tennessee. Ce ne sont plus des zones industrielles en déclin. Elles sont en train de devenir la prochaine génération de villes en plein essor. »
Il a ensuite présenté les chiffres.
La Chine a installé 295 000 robots industriels l’année dernière.
Les Etats-Unis ? 34 000. Neuf fois moins.
Pendant ce temps, des millions d’emplois américains restent vacants :
- 4 millions dans l’agriculture ;
- 313 000 dans l’industrie manufacturière ;
- 697 000 dans le secteur de la santé.
« Pour la première fois en quarante ans, a-t-il déclaré, l’économie est en train de basculer. Les robots rendent la production agricole nationale à nouveau compétitive. C’est le point d’inflexion de la relocalisation. »
Chaque ferme devient une start-up technologique.
Si les usines sont le point de départ du boom de la robotique, a expliqué Ray, les fermes en sont la destination surprise.
Il a montré des robots pulvérisant des engrais avec une précision chirurgicale. Résultat : 96 % de réduction des produits chimiques, 270 pulvérisations par seconde. Un autre robot n’utilise, lui, aucun produit chimique. Il élimine les mauvaises herbes à l’aide de lasers : 100 000 par heure.
« Zéro produit chimique », a déclaré Ray. « Zéro déchet. Zéro excuse. »
Selon l’USDA, les agriculteurs américains dépensent 55,5 Mds$ par an en produits agrochimiques.
« Ces deux robots, a-t-il déclaré, pourraient permettre d’économiser 45 à 50 Mds$ par an. L’Amérique rurale ne meurt pas, elle devient petit à petit la Silicon Valley de l’alimentation. »
Il a montré une autre diapositive : une opération chirurgicale guidée par l’IA au Chili, où un robot autonome participe à une opération de la vésicule biliaire.
« Le marché de la robotique chirurgicale représente actuellement 15,6 Mds$, a-t-il déclaré, et devrait atteindre 64 Mds$ d’ici 2034 ».
C’est ce que j’entends par « boom des robots ». Les usines, les fermes, les hôpitaux… tous se transforment selon la même courbe. »
Ray voit désormais l’IA et la robotique transformer les usines comme les fermes, et donner aux industries traditionnellement peu valorisées plus d’espace pour innover.
Les deux vont profiter d’un mouvement imparable.
Différentes faces d’une même transformation.
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Que de bonnes nouvelles merci.
C’est impressionnant!!!!!!!!!