Carrefour s’effondre, Atos s’envole, Schindler inscrit de nouveaux sommets tandis qu’Hermès et Netflix touchent de nouveaux planchers. Ces trajectoires opposées dessinent un marché sans direction claire, où la dispersion des performances pourrait constituer un avertissement pour les investisseurs…
La saison des publications d’entreprises monte en puissance cette semaine. Et comme souvent dans ce type d’exercice, les marchés réagissent sans nuance.
Hier encore, à la Bourse de Paris, les écarts ont été spectaculaires. D’un côté, Carrefour a décroché de près de 15 % après son profit warning (cf. ellipse orange ci-dessous), replongeant ainsi sur ses niveaux du début d’année.
Évolution du cours de l’action Carrefour en 2026
Source : ProRealTime
À l’inverse, d’autres valeurs comme EssilorLuxottica ou Atos Group se sont littéralement envolées, revenant sur leurs meilleurs niveaux annuels. Dans les deux cas, l’accélération haussière a été déclenchée par le franchissement de résistances obliques majeures, visibles en gris et en pointillés noirs sur les graphiques ci-dessous.
Évolution du cours de l’action EssilorLuxottica en 2026
Source : ProRealTime
Évolution du cours de l’action Atos en 2026
Source : ProRealTime
Pour notre part, dans Agora Bourse Pro, nous n’allons pas nous plaindre de cette volatilité. Concernant Atos notamment, le scénario haussier correspond exactement à celui que nous anticipions la semaine dernière. Je le rappelais d’ailleurs mardi après-midi à nos abonnés, comme en témoignent les captures d’écran ci-dessous.

Source : Publications Agora
Alerte Agora Bourse Pro du 14 octobre 2026
Source : Publications Agora
Au passage, félicitations une nouvelle fois à Nicolas Chéron, qui avait lui aussi parfaitement anticipé le mouvement sur le lunetier, comme l’illustre notre échange de la veille sur X.
Source : X / Mathieu Lebrun
Dans cette conversation, nous évoquions également le cas de Vusion Group, dossier que j’avais analysé quelques jours plus tôt sur le plateau de l’émission Trade ou pas Trade, alors que la valeur s’envolait elle aussi hier matin.
Et puisqu’il est question de biais favorables, autant le reconnaître : en début de mois, j’étais également vendeur sur Michelin. Or, dans une moindre mesure que Carrefour, le titre a lui aussi lourdement sanctionné ses actionnaires après sa publication. Je n’étais toutefois plus exposé à la valeur depuis une dizaine de jours.
Des résultats trimestriels entre tensions et incertitudes
Plus largement, les réactions observées depuis hier illustrent parfaitement le manque de cohérence du marché actuel. Netflix a ainsi inscrit un nouveau plus-bas annuel mercredi, tandis qu’Hermès touchait également de nouveaux planchers ce jeudi matin, dans les deux cas après leurs publications respectives.

Source : ProRealTime

Source : ProRealTime
À l’opposé, le fabricant suisse d’ascenseurs Schindler inscrivait ce matin de nouveaux sommets sur 52 semaines.
Évolution du cours de l’action Schindler depuis décembre 2024
Source : ProRealTime
Cette coexistence de titres qui s’effondrent pendant que d’autres enregistrent simultanément de nouveaux plus hauts constitue précisément l’une des caractéristiques du présage d’Hindenburg, sujet que j’abordais dans mon précédent article. Elle traduit avant tout un marché profondément désuni, incapable de dégager une tendance homogène.
Et cette fragmentation des comportements intervient dans un contexte macroéconomique et géopolitique toujours aussi incertain. Alors que certaines rumeurs faisaient état mardi d’un possible rapprochement entre Washington et Téhéran, la réalité sur le terrain semble raconter une tout autre histoire. Les Houthis continuent notamment d’accroître la pression sur l’Arabie saoudite, alimentant les tensions dans la région.
Source : X / FinancialJuice
Dans un tel environnement, prudence et sélectivité ne m’ont jamais paru aussi indispensables.








