Tandis que les discussions entre les États‑Unis et l’Iran piétinent et que le cours du pétrole remonte, un autre phénomène a animé les marchés : un short squeeze massif sur Avis Budget. Après Allbirds, c’est au tour du loueur de voitures de voir son cours s’envoler, porté par une mécanique de marché bien connue mais toujours impressionnante.
Je ne sais pas pour vous, mais la situation géopolitique autour de l’Iran commence sérieusement à me lasser. On se croirait parfois dans une cour de récréation (ou sur un marché, mais pas financier), tant certaines déclarations frisent désormais le pathétique. Et pourtant, il est tout de même question de l’Iran… et, accessoirement, des États‑Unis avec Donald Trump.
Mardi soir, Donald Trump annonçait une extension de la trêve, le temps que des discussions puissent s’engager dans un cadre plus formel. S’il mettait en avant la perspective de nouvelles négociations demain (vendredi), l’évolution du cours du pétrole depuis 48 heures – à la hausse – ainsi que la posture de l’Iran n’incitent pas vraiment à l’enthousiasme (cf. mes captures ci‑dessous).
Source : X / zerohedge et Alexandre Baradez
Difficile, dans ces conditions, de faire des plans sur la comète. On verra bien ce que l’avenir nous réserve, tant tout cela devient presque grotesque…
Avis Budget : un cas d’école
En attendant, revenons sur quelques mouvements repérés par mes screeners. Dans un article récent, j’évoquais déjà le rachat massif de positions vendeuses sur Allbirds. Nous avons cette fois assisté à un short squeeze encore plus spectaculaire sur une société autrement plus connue : Avis Budget. Si vous prenez l’avion de temps en temps, impossible de manquer l’enseigne Avis, omniprésente à la sortie des aéroports, à l’image de certains concurrents comme Hertz.
Rassurez‑vous : le géant américain de la location de voitures ne s’est pas soudainement réorienté vers l’IA (pas encore… même si, en ce moment, tout semble possible). Le groupe n’a pas non plus publié de résultats exceptionnels.
S’il reste bénéficiaire, c’est surtout le poids de sa dette – typique des secteurs très capitalistiques – qui pose problème.
En réalité, la société est presque structurellement déficitaire, ce qui en faisait une cible idéale pour les vendeurs à découvert. Et c’est précisément là que le « problème » a commencé. Quand une position devient trop consensuelle, attention. Le mois dernier, plus d’un quart du capital était détenu par des short sellers.
Or, vendre à découvert implique d’emprunter le titre – petit clin d’œil à ceux qui utilisent le SRD, ce qui n’est pas mon cas : je privilégie l’achat de puts lorsque j’ai un biais baissier. Mais si les actionnaires haussiers refusent de prêter leurs actions à leur intermédiaire, tout se grippe.
Et comme l’explique très bien cet article consacré au sujet, le flottant réellement disponible n’était déjà plus très important, et concentré entre les mains de deux hedge funds. Résultat : le pourcentage du capital effectivement accessible sur le marché se retrouvait quasi intégralement exposé à la vente (autour de 90 %).
Dans ce genre de configuration, il suffit d’une étincelle. En l’occurrence, une vente massive d’options put, qui – une fois achetées – a obligé l’émetteur à se couvrir en rachetant des actions, déclenchant une forte demande mécanique. L’effet boule de neige s’est ensuite auto‑alimenté : les vendeurs à découvert ont dû couper leurs positions, rachetant dans l’urgence, parfois avec des ordres ATP (à tout prix), ce qui a amplifié la flambée observée depuis le début du mois sur Avis.
Avec un titre encore autour de 100 $ fin mars, l’action n’a cessé de s’envoler pour dépasser les 800 $ hier à Wall Street. Soit un bond de +800/+900 % en un temps record (cf. rectangle bleuté sur le graphique journalier ci‑dessous).
Évolution du cours du titre Avis depuis juin 2025
Source : ProRealTime
Des short squeezes spectaculaires
Le cas Avis n’est pas isolé. On avait déjà observé un emballement similaire sur Volkswagen en 2008, lorsque Porsche détenait près des trois quarts du capital (cf. ellipse orange sur le graphique hebdomadaire ci‑dessous).
Évolution du cours du titre Volkswagen depuis 1999
Source : ProRealTime
Plus récemment encore, le cas GameStop a marqué les esprits en 2021 (cf. ellipse orange sur le graphique hebdomadaire ci‑dessous).
Short squeeze sur GameStop en 2021
Source : ProRealTime
De quoi nous occuper en attendant que le dossier géopolitique entre Trump et l’Iran finisse – espérons‑le – par repasser au second plan…





